Le terme géo-ingénierie, ou geoengineering en anglais, désigne les techniques permettant d'agir sur le climat. Elles ont le vent en poupe car elles pourraient constituer des solutions contre le changement climatique. Déjà, des expériences sont menées grandeur nature. Mais les résultats s'avèrent le plus souvent non concluant et suscitent de vives inquiétudes.
La "fertilisation" des océans, par exemple, consiste en l'apport artificiel de fer dans l'eau. Elle a pour but de stimuler le développement du phytoplancton de manière à augmenter la capacité des océans à absorber le CO2, un des principaux gaz à effet de serre. Une douzaine d'expériences ont déjà été conduites en vingt ans, rapporte le magazine Géo. L'inefficacité de ces premières expériences ainsi qu'une totale incertitude sur de possibles effets indésirables font que cette approche est fortement critiquée dans la communauté scientifique internationale.
Dans certains cas, on n'est déjà plus dans l'expérimentation. La Chine notamment pratique régulièrement depuis 10 ans l'injection de substances chimiques (de l'iodure d'argent) dans les nuages pour provoquer des précipitations et ainsi lutter contre les périodes de sécheresse particulièrement dures qui frappent le nord du pays. Cette pratique inquiète quant à ses effets à long terme sur l'environnement et la santé. La dernière opération de ce type, en novembre dernier, avait retenu l'attention des médias car elle avait provoqué des chutes de neige particulièrement précoces qui avaient paralysé la ville de Pékin et fait plusieurs victimes (des accidents de circulation). L'idée de contrôle du climat est bien implantée en Chine qui dispose d'un Bureau de modification météorologique, indique Christophe Magdelaine sur le site Notre-planete.info.
Craignant que le Sommet de Copenhague ne se réduise à une foire aux techniques de géo-ingénierie, l'ETC Group a lancé ce mois-ci un appel à la prudence. Car il ne faudrait pas que, face à l'urgence planétaire, ces techniques soient mises en oeuvre prématurément et aggravent la situation au lieu d'y remédier. Un scénario pourtant tout à fait crédible quand on voit l'enthousiasme que suscitent ces technologies un peu partout dans le monde.
Au 20 décembre, 203 organisations de 40 pays se sont ralliées à l'appel d'ETC group. Parmi elles, en France : Attac, Sciences citoyennes, Vecam, VivAgora et naturellement Sciences et Démocratie.
L'ETC group (Action Group on Erosion, Technology and Concentration) milite depuis 25 ans pour un développement socialement responsable des technologies. Basé au Canada, il s'est d'abord préoccupé des dérives liées au brevetage du vivant dans le domaine des semences. Il a souligné les risques des nanotechnologies dès 2002, année où est paru aux Etats-Unis le rapport Converging Technologies for Improving Human Performance (convergence technologique pour l'amélioration des performances humaines) de la National Science Fondation et du Department of Commerce.
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