Bisphénol A : vers une interdiction ?

Mots-clés : bisphénol A risque santé
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Le Sénat a adopté mercredi 24 mars une proposition de loi visant à suspendre la commercialisation de biberons produits à base de Bisphénol A1. Cette proposition vient du groupe des radicaux de gauche2. La ministre de la Santé met en garde contre l'interdiction totale du bisphénol A et envisage plutôt une modification du seuil autorisé de diffusion de ce composé (actuellement de 0.6mg/l).

Pourtant, le bisphénol A passe essentiellement dans l'organisme par le biais des emballages plastiques alimentaires. Ainsi une étude états-unienne démontre qu'on le retrouve dans les urines de 94 % de la population ! Or, il semble bien que la dose ne soit pas le facteur influent de ce type de molécules : il s'agit d'un perturbateur endocrinien et c'est la durée d'exposition qui importe3. L'argument de la Ministre : les substituts seraient tout aussi toxiques.

Le citoyen est en droit de s'interroger : quelle est sa place dans ce débat ? Si on interdit le BPA, par quoi le remplaçons-nous ? Pour quel usage ? Pour quel bénéfice ? A l'heure de la mise en place de la directive REACH, du débat sur son adaptation face aux nanotechnologies, alors que la toxicité de ce produit semble faire consensus, pourquoi nos dirigeants adoptent-ils une attitude toujours aussi conservatrice ? Autant de questions en suspens, et sans doute bien d'autres encore...

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1. source : Le Monde du 24 mars

2. RDSE, pour plus d'informations, voir Rassemblement démocratique et social européen sur Wikipédia

3. source : Interview d'André Cicolella, toxicologue, sur Libération le 9 février 2010

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Commentaires

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Re: Bisphénol A : vers une interdiction ?

"alors que la toxicité de ce produit semble faire consensus"

Bonjour,

Ce n'est pas tout à fait exact. Vous citez M Cicolella mais vous savez très bien qu'il est ignoré par ses pairs et qu'il s'exprime en tant que militant, sa blouse blanche n'est qu'un prétexte. J'ajouterais que M Cicolella n'a jamais rien publié de consistant, ce qui lui ôte toute crédibilité d'expertise dans ce domaine. Les véritables experts, comme ceux de l'EFSA ou de l'AFSSA, bien plus compétents, sont loin de partager ses délires : http://www.efsa.europa.eu/fr/ceftopics/topic/bisphenol.htm
http://www.efsa.europa.eu/EFSA/efsa_locale-1178620753812_1178703466879.h...
http://www.afssa.fr/PM9100F101.htm
Très récemment : http://www.afssa.fr/PM9100K601.htm

Une fois de plus, votre site soit disant indépendant délivre une information biaisée et partiale qui ne correspond pas à l'état actuel des connaissances scientifiques mais à des déclarations de quelques activistes ne relevant que de leur intime conviction et non d'une analyse rigoureuse, objective et compétente des faits.

Re: Bisphénol A : vers une interdiction ?

Bonjour,

Je ne suis effectivement pas un chercheur. Je suis un simple citoyen. Cependant, mes opinions sont de façon générale modérées et je ne suis certainement pas un "activiste".
Travaillant dans le domaine de la technologie, j'ai tout de même acquis au fil des ans la certitude que beaucoup de choses sont affaires de compromis : toute avancée positive dans un domaine a son pendant négatif. La notion de bénéfice-risque est tout fait sensée.

Je n'ai aucune expertise dans le domaine, mais c'est bien le débat citoyen qui fait se poser ces questions. En tant qu'expert dans mon domaine (l'électronique), je suis particulièrement heureux d'avoir un avis critique du citoyen lambda sur mes produits. Il ne sera pas pertinent d'un point de vue technique, mais mettra le doigt sur un problème qui peut me conduire à réorienter mon travail afin que le compromis bénéfice-risque soit satisfaisant.
L'absence de débat à ce niveau peut révéler la volonté de taire un problème, devient donc malheureusement suspect. Le débat doit permettre de rendre les processus plus clairs et acceptables du moment qu'ils conduisent à une décision prise en âme et conscience. A ce titre le remarquable travail de Sciences et Démocratie ne devrait pas vous alarmer.

Concernant le BPA, au vu des parutions dans la presse ces dernières années, le citoyen que je suis est en droit de se poser la question de savoir si le bénéfice du BPA est bien supérieur au risque subi.

L'intervention que j'effectue n'a pas pour but d'orienter sur le fond technique mais d'interpeller afin de débattre d'arguments factuels sur le sujet. Concernant l'AFSSA que vous citez, elle ne rejette pas l'idée d'une dangerosité potentielle du BPA chez le foetus, le nourisson, et chez l'adolescent. D'où mon interrogation...

Re: Bisphénol A : vers une interdiction ?

Bonjour,

Je veux bien que vous ne soyez pas expert, moi non plus d'ailleurs, mais j'ose imaginer que vous sachiez faire la différence entre une source crédible comme l'EFSA et une source pour le moins douteuse comme Cicolella ? Ne serait-ce que parce que l'EFSA n'a pas l'air de reprendre le discours catastrophiste de ce chercheur qui se résume à "c'est CERTAIN, on nous empoisonne et on nous cache tout" (du moins c'est ce qu'il a déclaré en substance le 4 mars dernier au Parlement européen). Vous auriez pu, au moins, mettre un lien vers les pages citées. car là c'est trop facile, tout le monde est en droit de s'interroger si on lui balance un petit bout du débat sorti de son contexte...

Pour l'AFSSA, non elle ne rejette pas l'idée d'une dangerosité potentielle pour la simple raison que c'est impossible. Il suffit d'inventer n'importe quel danger de l'électronique, aucun chercheur ne pourra la réfuter mais au mieux faire des recherches. Les dangers potentiels (càd des "fantasmes"), il y en a une infinité... Mais l'AFSSA confirme bel et bien que les nouvelles études n'impactent en rien ses précédents avis : absence de risque pour le consommateur dans les conditions d'emploi. Ça tranche nettement avec les déclarations de Cicolella !

L'expertise scientifique en question

Bruno,

Merci d'être vigilant et critique sur les contenus que nous produisons. Notre site se veut participatif justement pour avoir ce genre d'échanges.

Pour respecter le principe de symétrie, voici le lien vers le dossier en ligne sur le Bisphénol A du Réseau Environnement Santé, réseau créé en mars 2009 qui rassemble "des ONG, des professionnels de la santé, des malades, des scientifiques et des citoyens" et dont André Cicollela est le porte-parole.

Deux commentaires sur votre opposition Cicollela / expertise officielle :

- D'une part, le dossier du RES s'appuie lui aussi sur des études scientifiques.

- D'autre part, vous occultez le débat actuel sur l'expertise scientifique. Les agences d'expertise ne sont pas toutes blanches. L'AFSSA par exemple a été fortement critiquée pour ses rapports sur le rôle des pesticides dans la surmortalité des abeilles, considérés comme basés sur des données très insuffisantes (voir notre dossier à ce sujet). Les conclusions de l'EFSA sur la pomme de terre Amflora elles aussi sont contestées. Et on pourrait citer un grand nombre d'autres cas...

Je ne dis pas que ces instances officielles sont totalement inféodées à l'industrie. Par exemple, dans autre une discussion, je cherche a comprendre le bien-fondé de l'opposition à la pomme de terre OGM Amflora. Ne s'agit-il pas d'une opposition de principe anti-OGM ?

Mais il y a un vrai problème de l'expertise depuis les crises sanitaires des années 90, dans lequel la question de l'indépendance des experts revient très souvent (voir notre discussion L'expertise scientifique : quels problèmes, quels remèdes ?).

Re: L'expertise scientifique en question

Philippe Bourlitio,

Je n'occulte rien, simplement je n'accorde pas d'importance aux polémiques stériles. Le RES n'a aucune légitimité ni crédibilité scientifique. Et je passe sur ses membres qui sont des militants anti-pesticides/anti-OGM/anti-ondes/anti-tout* notoires rejetés par leurs pairs. Le RES n'est d'ailleurs qu'une nème association bidon réunissant toujours les mêmes Veillerette et compagnie. Donc niveau source le RES c'est direct poubelle dans n'importe quel travail scientifique sérieux.

Quant aux attaques permanentes des agences sanitaires, je constate qu'elles viennent toujours des mêmes. Cette campagne de diffamation de derrière les fagots est une véritable honte. Ça montre bien que les scientifiques marginaux du RES n'ont aucun argument. On va pas revenir sur la patate Amflora, mais la contestation de l'avis de l'EFSA n'est pas du tout fondée (ses critiques n'ont même pas lu les avis, c'est dire le manque d'honnêteté..).

Ce n'est pas parce que certains tentent de déstabiliser l'AFSSA (car rappelons-le ses AVIS ne vont pas dans le sens des PREJUGES militants) via des campagnes médiatiques que cette agence est contestée dans la communauté scientifique. Non seulement les Séralini, Belpomme, Cicolella et autres Chevalier sont ultra-minoritaires mais ils se sont totalement discrédités aux yeux de leurs pairs (cf rapports bidon de Belpomme, études avariées de Séralini,etc...). Mais on dirait que selon vous il suffit d'un nullard en manque de succès professionnel pour déclencher un "débat".... A croire que tout va bien et qu'on peut se permettre de perdre son temps dans ces chamailleries de maternelle. Il y a un moment où on ne peut pas se prétendre sérieux et citer continuellement les mêmes scientifiques sans le moindre crédit.

* : http://alerte-environnement.fr/?p=1734 et http://alerte-environnement.fr/?p=1731

Re: L'expertise scientifique en question

Bonjour Bruno,

En tant que citoyen ordinaire, je suis incapable de faire la distinction entre le parcours de M. Cicolella et le vôtre (dont je ne sais rien d'ailleurs). Je me fiche complètement que M. Cicolella soit un génie ou un imbécile, ou que la grand-mère de M. Veillerette ait fait du vélo.

En effet, au vu des risques potentiels qu'engendre ce produit (l'EFSA écrit bien que nous manquons de recul sur l'exposition à long terme), je me pose la question : si on s'en passe, que peut-il nous arriver ? En clair, d'un côté qu'apporte le BPA et de l'autre, comment s'en passer ?
C'est à ce niveau là que j'attends une contribution objective et intéressante. Merci d'apporter quelque chose de ce côté.

Bisphénol A : L'Afssa recommande un étiquetage des récipients

Le débat sur l'innocuité du BPA se poursuit. Bien que l'exposition moyenne des consommateurs soit nettement inférieure à la Dose Journalière Tolérable (DJT), l'Afssa reconnait qu'il y a un doute concernant l'innocuité du BPA, même à ces très faibles doses, pour des nourrissons.

L'Afssa recommande donc l'étiquetage systématique de tous les récipients contenant du BPA afin d'éviter de les chauffer excessivement et pendant trop longtemps. De plus le communiqué de l'Afssa recommande aux industriels de tout mettre en œuvre pour trouver un substitut au BPA et réaliser l'évaluation des risques approfondie sur ces substituts.

L'Afssa rappelle également que le problème du PBA s'inscrit dans le cadre des travaux menés actuellement sur les perturbateurs endocriniens et les critères d'évaluation des risques qu'ils comportent.

Sources :
www.afssa.fr
http://www.actu-environnement.com/ae/news/afssa-plastique-bisphenol-etiq...

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