Soyons plus précis...

Bonjour,

Tout d'abord, félicitations pour votre blog, j'ai pris beaucoup de plaisir à le consulter !

J'interviens dans ce fil comme professionnel dont les activités sont liées aux développements de produits finis intégrant des nanoparticules et je souhaiterais faire deux remarques:

1.L'univers des nanotechnologies est tellement vaste et varié qu'il est impossible de le considérer en bloc. Chaque nanomolécule, chaque application, doivent être considérées au cas par cas dans leurs études toxicologiques, ce qui représente un travail déjà considérable à ce jour et qui ne va que s'amplifier dans les années à venir. En raison de la rapidité des développements dans ces domaines (10x plus rapide que l'informatique...), la tâche des organismes de santé publique pour les contrôles toxicologiques, tenant compte de leur méconnaissance bien légitime de ces technologies émergentes et des dépenses liées à ces contrôles, est rendue excessivement complexe...

2.Le degré de toxicologie supposée de certaines nanomolécules varie énormément entre le personnel exposé quotidiennement à la fabrication et à la manipulation des poudres nanoparticulaires et la population exposée occasionnellement à des produits finis...

Il est bien évidemment utile d'informer préventivement comme vous le faîtes, sur les risques éventuels liés aux nanotechnologies mais en précisant ces deux remarques.

L'exemple de ce produit allemand qui a déclenché une levée de boucliers anti-nano en Allemagne alors qu'il s'est révélé ne contenir aucune nanomolécule, montre à quel point il faut être attentif à ne pas devenir alarmiste et à faire la part des choses...

A mon sens, les études toxicologiques prioritaires doivent concerner le personnel exposé directement aux poudres de nanomolécules... Car vous et moi et la population en général, ne sommes généralement exposés qu'à des produits finis qui s'érodent bien sûr avec le temps, mais sans réel danger. Pourquoi? Parce que dans un produit fini, les nanoparticules ont tendance à se lier entre elles et se lient également à d'autre composants du produit (liants, silice, etc.). Les particules qui se détachent du support par érosion, usure, accident, etc., sont des agglomérats de différentes matières liées entre elles dont des nanoparticules. La taille de ces agglomérats n'a plus rien à voir avec la taille nanométrique d'origine des nanomolécules. Or dans la majorité des études toxicologiques, c'est la taille des nanomolécules les rendant assimilables par le corps qui est mis en cause et qui pose problème...

Cordialement,

Jean

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