Débats de société sur les enjeux des technologies et des sciences
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Le problème, c'est l'expertise
Le principe de précaution n’a pas de grande signification opérationnelle. En pratique l’activité humaine comporte toujours un risque, qu’il faut confronter au bénéfice. Les attitudes de prudence extrême aussi bien que de prise de risque peuvent se justifier, et sont subjectives. Pour qu’il y ait débat démocratique, les points qu’il faut considérer sont : A qui profite l’activité ? Qui prend un risque ?
Dans l’affaire du sang contaminé comme dans le scandale de l’amiante, des intérêts financiers étaient en jeu et le fait de continuer les transfusions, ou de continuer à utiliser l’amiante se justifiait par un intérêt économique. Si les personnes qui avaient un intérêt financier et ceux qui avaient été transfusés ou exposés à l’amiante avaient été les mêmes, on aurait été face à un simple problème de gestion des risques.
Le scandale vient : 1) Du fait que ceux qui avaient un intérêt économique et ceux qui prenaient des risques n’étaient pas les mêmes 2) Du fait que l’expertise du risque a été influencée par l’intérêt financier.
En pratique, les bénéficiaires de la prise de risque sont rarement les mêmes que ceux qui sont exposés au risque et c’est au politique de trancher, normalement après une expertise indépendante. Au cours de la crise de la vache folle en France, l’expertise a parfaitement fonctionné et le politique a pris des décisions raisonnables, même si on peut toujours tout critiquer a posteriori.
Cette expertise indépendante est cependant l’exception plutôt que la règle, et ce n’est pas tant une volonté de vivre avec un risque zéro qui motive les faucheurs, que la façon dont l’expertise sur les OGM a été menée en France. La fronde anti-OGM traduit une perte de confiance d’une partie croissante de la population, non pas dans la science, comme l’affirment les lobbyistes pro-OGM, mais dans les experts.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Axel_Kahn