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Nanotechnologie et énergie
Bonjour,
j'ignore si je suis bien dans le sujet de ce débat, mais je souhaiterais que la puissance publique puisse prendre en considération la recherche et le développement de la technologie dite "réactions nucléaires dans la matière condensée" jadis appelée improprement "fusion froide". La nanotechnologie intervient dans ce domaine dans la mise en oeuvre d'une poudre nanométrique de palladium dans la réaction électrolytique. Cette utilisation du palladium sous forme nanométrique devrait permettre le franchissement de la barrière technologique majeure, dans ces dispositifs de production de chaleur excédentaire, à savoir la durée de vie des électrodes, tout en travaillant à des T° supérieures à celles des démonstrateurs actuels du CNAM, du CNRS et d'EDF.
Un projet de R&D, conduit à Marseille ( par le CNRS-CRMCN, en collaboration avec le CNAM-Electrochimie Industrielle) sur ce principe, va prochainement être soumis à la labellisation du Pôle de Compétitivité PACA.
Les applications potentielles de cette technologie sont extrêmement étendues. La production de chaleur excédentaire dans une gamme de puissance comprise entre 1 et 10 kW est la finalité du projet.
Sans constituer une alternative à la fusion chaude ou aux énergies renouvelables, si les résultats du projet confirment la reproductibilité, la durabilité du dispositif et les perspectives d'application, ce type de générateur de chaleur devrait contribuer à réduire notre dépendance au regard des produits pétroliers ainsi que les émissions de gaz à effet de serre.
Cette technologie, au même titre que d'autres, dans le domaine de l'énergie, a longtemps été considérée par la recherche comme une voie sans issue. La multiplication des démonstrateurs par des laboratoires du monde entier (dont 5 en France)commence à interpeller certains décideurs, même si l'on doit rester conscients que des barrières technologiques doivent être surmontées pour atteindre le seuil du kilowatt de chaleur excédentaire.
Néanmoins, aujourd'hui encore, les moyens financiers consacrés à cette technologie sont insignifiants et constituent bien le facteur limitant de l'expérimentation, seule voie permettant de savoir si ce type de dispositif vaut la peine d'investir des moyens de développement en adéquation avec les potentialités d'applications industrielles.
En conséquence, le pragmatisme devant imprégner, à mon avis, les décisions de la puissance publique en matière de choix scientifiques et technologiques, il me paraît souhaitable d'inciter les instances publiques de recherche à s'intéresser aux réactions nucléaires dans la matière condensée.
A titre d'indicateur pertinent, le projet du CNRS Marseille coûte 140 000 € sur deux ans, avec à la clef, un démonstrateur fiable et durable de 1 à 10 kW, au-delà duquel les applications industrielles pourront se décliner rapidement. Cette somme est à comparer avec les autres investissements de la recherche publique dans d'autres technologies de l'énergie.