Bonjour Monsieur

Bonjour Monsieur Bourlitio,

Je conçois sans peine la méfiance à l'égard de recherches ou de théories qui, à un moment donné, n'étaient pas suffisamment étayées, ou n'étaient pas en totale adéquation avec les orientations de la recherche publique.

Si vous voulez bien me pardonner le cliché, ce fut le cas, à la fin du 18ème siècle, lorsque d'aucuns s'acharnaient à faire voler des machines, et que la science officielle prétendait qu'en toute logique, ce qui était plus lourd que l'air ne pouvait voler.

La "fusion froide" (je suis d'accord avec vous pour qu'on évite de la maquiller avec des terminologies évoquant des réactions nucléaires non encore établies) aura été l'objet de polémiques entre 1989 (date de l'annonce en grandes pompes) et la fin de la dernière décennie, au motif que l'état des connaissances admises par la communauté des chercheurs ne permettait pas d'expliquer scientifiquement le phénomène, d'autre part que l'expérience Pons et Fleischmann n'était pas significativement reproductible.

Aujourd'hui, les chercheurs sont de plus en plus nombreux à prendre quelques distances avec les courants dogmatiques et à cultiver le pragmatisme. Il s'ensuit que, moyennant quelques différences de montage et de process par rapport à ce qu'avaient publié Pons et Fleischmann, les démonstrateurs de fusion froide se sont multipliés dans plusieurs pays avec des résultats encourageants en termes de garantie de reproductibilité.

Encore une fois, je ne prétends pas vouloir relancer les multiples forums sur ce thème, avec les sempiternels arguments pour ou contre. Ce n'est pas le lieu et cela ne débouche pas sur des actions concrêtes.

Je soumets à cette discussion, relevant prioritairement des nanotechnologies, une proposition de "convergence technologique" (l'un des principes directeurs majeurs des pôles de compétitivité français) impliquant la recherche sur la fabrication et les applications de poudres métalliques nanométriques (ici le palladium) et les recherches sur les nouvelles technologies de l'énergie. Convergence qui trouve notamment son champ d'aplication dans le projet CNRS/CNAM.

Vous relevez avec pertinence que l'administration (j'entends la recherche publique) ne sait pas trop sur quel pied danser avec cette affaire.

Raison de plus pour qu'au nom du pragmatisme et des engagements français du protocole de Kyoto, les décideurs politiques et scientifiques de notre pays acceptent de se pencher d'un peu plus près sur toutes les technologies pouvant contribuer à diminuer notre dépendance à l'égard des produits pétroliers, et à décentraliser les sites de production d'énergie dans le cadre d'un marché bientôt concurrentiel.

Les énergies renouvelables, c'est bien, il faut les développer parce qu'elles serviront certainement de technologies d'appoint, notamment dans la perspective de décentralisation des moyens de production d'énergie. Mais quand on considère l'argent public injecté dans la promotion des EnR d'un côté, de l'autre les sommes consacrées à ITER ou prévues pour le renouvellement du parc nucléaire à l'horizon 2030, il me semble pour le moins opportun d'explorer cette voie alternative. Explorer veut dire mettre un peu de moyens supplémentaires dans cette recherche pour savoir s'il faut l'abandonner définitivement ou si elle peut donner lieu à des applications pratiques.

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