Une conjonction de facteurs à l'origine de la surmortalité ?

Colorful Beehives

La place exclusive ou du moins prépondérante de l’influence des pesticides dans la surmortalité des abeilles est largement critiquée, aussi bien par une partie du monde apicole, que par les firmes ou encore par certains scientifiques. En effet, l’abeille est soumise, dans son environnement, à de nombreuses contraintes, contraintes externes, telles que le climat ou l’appauvrissement pollinique, et à des contraintes internes, parasites, maladies. Ces contraintes peuvent être très fortes, affaiblissant fortement l’abeille. Mais le fait le plus préoccupant qui est souligné est la synergie fréquente de plusieurs de ces facteurs : c’est cet argument de la multifactorialité qui est mis en avant par une majorité des acteurs qui réfutent l’exclusivité des pesticides dans la surmortalité des abeilles. Si les firmes soutiennent l'idée de la multifactorialité en en excluant les pesticides, certains scientifiques, et les experts de l’AFSSA, favorisent cette hypothèse tout en y intégrant les pesticides comme cause potentielle parmi les nombreux facteurs.

Varroa

Un des éléments les plus importants mis en avant pour expliquer la surmortalité des abeilles est la maladie varroase, qui correspond à une infection par un parasite, Varroa destructor, un acarien importé d'Asie il y a environ vingt ans, et découvert en France en 1982. Cette maladie fait partie des problèmes les plus graves auxquels l’abeille doit faire face et est considéré comme le problème pathologique majeur pour les abeilles au niveau mondial. De nombreuses études de l'AFSSA ont ainsi mis en avant l'importance de la varroase et de sa mauvaise prise en charge par les apiculteurs dans les colonies d'abeilles touchées par une surmortalité avérée. Le Varroa provoque un affaiblissement du système immunitaire de l’abeille en s’accrochant à elle et en prélevant son hémolymphe. Ce prélèvement peut aussi impliquer l'injection de virus à l'abeille, la rendant encore plus vulnérable, ce qui souligne l'importance de la multifactorialité. Le parasite peut facilement se déplacer et attaquer de nouvelles abeilles : il lui est facile de se déplacer dans la ruche et d'être transporté d'une colonie à l'autre car il se déplace avec l'abeille.

L’hypothèse du Varroa, et des maladies parasitaires, est particulièrement mise en avant aussi bien par les firmes que par plusieurs études scientifiques, qui en font un des facteurs principaux de la surmortalité des abeilles. Une étude, réalisée par l’AFSSA au cours de l’hiver 2005-2006 à la suite de l’observation de surmortalité d’abeilles (« Mortalités de colonies d’abeilles (Apis Mellifera) au cours de l’hiver 2005-2006 en France : enquête sur le plateau de Valensole et enquête sur 18 ruchers de différents départements ») a montré la prépondérance de Varroa dans ces surmortalités, indiquant que l’impact de la varroase est sous-estimée par beaucoup d’apiculteurs qui attribuent souvent la mortalité hivernale à une cause toxique, souvent l’imidaclopride et le Fipronil. Mais si les apiculteurs (dont une grande partie accuse les pesticides) ne rejettent pas l’existence de la varroase, et de son implication dans la mort de certaines colonies, pour eux, la surmortalité n’est pas à relier avec cette maladie. Ainsi, selon l’audit de la filière miel 2005, les infestations massives de Varroa n’existeraient plus au même niveau que par le passé, car les abeilles se seraient organisées contre Varroa, et en conséquence, ce problème n’est plus considéré par certains apiculteurs comme le problème majeur de la filière.

Il a été souligné qu’en 1996-1997, au moment où des apiculteurs vendéens subissaient des pertes importantes, était signalée dans cette même région l’apparition de résistances de Varroa destructor au fluvalinate, seul produit de traitement du Varroa qui était jusqu’alors efficace (Trouillet, 1998). Mais la concomitance entre ces troubles et l’apparition de résistances ne signifie pas forcément qu’il faut y voir un lien de cause à effet, il semble regrettable cependant de ne pas avoir étudié les deux pistes en parallèle. Ainsi, un des problèmes majeurs de la varroase est que cette maladie ne peut pas être traitée par des produits qui seraient réellement efficaces contre le parasite, à cause de cette résistance développée par Varroa vis-à-vis des produits utilisés auparavant. C'est pour cela que certains apiculteurs ont été amenés à utiliser des produits chimiques non homologués pour ce rôle, mettant dans certains cas les ruches en danger.

De nombreuses enquêtes réalisées en France et à l’étranger démontrent aussi que sous-estimer Varroa contribue à baisser sa garde et se traduit par de graves problèmes. Ainsi, une enquête sur questionnaire réalisée en 2003 en France a révélé une fréquence d’apparition de problèmes qualifiés de graves par l’apiculteur dans 83 % des ruchers (45/54) ou dans 64 % des ruchers (57/89) alors que des produits de traitements respectivement non efficaces ou efficaces avaient été utilisés contre Varroa (Faucon et al., 2003). Un des problèmes majeurs mis en avant correspond donc au fait que l’impact de la varroase est sous-estimé et s’est même probablement accru du fait du désintérêt des apiculteurs pour la pathologie classique et sa prévention, problème souligné dans l’enquête prospective multifactorielle de l’AFSSA publiée en 2008.

Nosema

Outre la varroase, une autre maladie parasitaire, la nosémose, a été mise en avant dans plusieurs études de l'AFSSA comme un des facteurs explicatifs de la surmortalité des abeilles. La nosémose est une maladie parasitaire, connue depuis longtemps, provoquée par l’agent Nosema, un protozoaire qui s’attaque au tube digestif de l’abeille, et qui peut se multiplier très rapidement. Il peut aussi bien toucher les ouvrières que les reines ou les faux-bourdons. Deux espèces de Nosema ont été retrouvées : Nosema apis et Nosema ceranae. Nosema pénètre dans le tube digestif des abeilles, et détruit les cellules épithéliales de l’intestin, entraînant des troubles digestifs pouvant entraîner la mort. C’est une maladie qui peut exister sous forme aigüe, c’est-à-dire se manifester, ou rester non apparente, même si des abeilles sont touchées. Ce parasite se transmet très facilement entre les abeilles grâce à sa forme de résistance qui se matérialise sous la forme d’une spore, qui peut être échangée lors des échanges alimentaires au sein de la colonie, ou encore lors du nettoyage effectué par les abeilles. Au cours d’une année, le seuil d’infestation par Nosema présente une courbe de développement caractéristique, avec un seuil d’infectation croissant entre l’hiver et le printemps, puis une diminution en été, comme les résultats de l’étude multifactorielle prospective de l’AFSSA le montrent. C’est ainsi l’hiver qui est la saison la plus propice pour la surmortalité due à la nosémose. C’est ce qui a été mis en évidence dans les enquêtes de l’AFSSA Sophia Antipolis par rapport à des surmortalités hivernales dans des colonies en 1999-2000, 2005-2006, 2006-2007. Nosema peut aussi servir de point d’entrée pour d’autres maladies, tout comme l'est Varroa, affaiblissant les abeilles qui sont alors enclines à être touchées par d’autres maladies. Cette possibilité est aussi bien mise en avant par les firmes, que par certains apiculteurs, et aussi par les experts de l'AFSSA.

Mais l'impact de Nosema dans la surmortalité ne semble pas être une donnée qui fait consensus. Marc-Edouard Colin, chercheur de l’INRA à Montpellier a mis en avant à la Huitième Université d’automne de l’UNAF à Castres en 2007 qu’une étude du laboratoire de pathovigilance sur 7 ruchers dans l’Aude et la Lozère avait montré que sur l’ensemble des colonies suivies, 17 % des colonies étaient touchées par Nosema apis, 77 % par Nosema ceranae, et 12 % étaient infectées par les deux parasites à la fois, mais que toutes ces colonies infectées étaient saines. Cet argument est utilisé comme preuve par plusieurs acteurs que même si Nosema est présent dans des colonies où on observe une surmortalité, cela ne prouve pas que le parasite en est la cause. Cependant, une étude espagnole a montré lors d’expérimentation un grand taux de mortalité d’abeilles adultes lorsqu’elles sont infectées par Nosema ceranae par rapport à un contrôle non infesté (Higes et al. 2007), entretenant la confusion.

Le même problème que pour le traitement de la varroase apparaît avec la nosémose : selon la réglementation actuelle, il n’y a pas de produit pour lutter contre cette maladie, entraînant donc des risques de mauvaises pratiques apicoles qui peuvent se révéler dangereuses pour les abeilles dans le traitement de cette maladie.

Climat & Alimentation

Les firmes, de nombreux scientifiques et certains apiculteurs, mettent en avant le rôle important que pourrait jouer l’alimentation des abeilles et l’influence du climat dans la surmortalité des abeilles.

Le principal problème correspond au fait que ces vingt dernières années, le paysage agraire français a beaucoup changé, engendrant un appauvrissement des sources d’alimentation des abeilles. Les haies protégeant les parcelles et les prairies ont par exemple disparu, alors qu’elles étaient la principale source en pollen des colonies d’abeilles. D’autres facteurs sont à l’origine de l’appauvrissement de la flore et des ressources trophiques de l’abeille : destruction des couverts végétaux avant la floraison, débroussaillage, destruction chimique systématique des mauvaises herbes en bordure de route, installation de monocultures « propres » (sans plantes adventices), qui n’offrent pas la diversité pollinique nécessaire à l’abeille, provoquant sous-alimentation et carences. Combinées à la lutte contre les mauvaises herbes et l’élimination des haies, elles limitent les ressources alimentaires disponibles pour les abeilles en-dehors des périodes de floraison des grandes cultures : le milieu aujourd’hui n’offre donc pas toujours les ressources nécessaires aux abeilles. Dans de nombreuses régions, les seules fleurs disponibles sont les fleurs de maïs et de tournesol, alors qu’elles fournissent des pollens peu nutritifs. La qualité des pollens disponibles est pourtant très importante : elle peut ainsi varier largement d’un pollen à l’autre, le taux de protéine pouvant se situer entre 2 et plus de 60 %. Mais aussi, comme l’ont démontré Wahl et Ulm en 1993, les carences alimentaires augmentent la sensibilité des abeilles aux herbicides et insecticides. En l’absence de ressources polliniques variées, les larves doivent donc se contenter d’une alimentation pauvre, et vont produire des ouvrières plus faibles, plus petites, plus sensibles aux attaques de pathogènes. Les abeilles ayant une alimentation peu riche sont donc plus faibles, et plus enclines à être touchées par d'autres facteurs qui pourront contribuer à la surmortalité.

L’alimentation n’est pas seulement un problème dû à l’environnement, mais aussi au climat. Ainsi, l’hiver est un moment problématique pour l’alimentation des abeilles. Pendant la période de préparation de l’hivernage, la situation est particulièrement critique, car les abeilles qui naissent entre août et septembre doivent être suffisamment fortes pour passer l’hiver. D’autres contraintes climatiques ont une influence forte sur les abeilles. Ainsi, Jean-Noël Tasei met en avant que les désordres climatiques qui surviennent à l’automne, au moment où les abeilles n’ont pas la possibilité de faire des réserves et quand l’apiculteur n’a pas pu ou voulu donner une alimentation supplémentaire pour permettre aux abeilles de passer l’hiver, celui-ci peut être très difficile et entraîner la disparition des colonies une fois le printemps venu. Des facteurs climatiques extrêmes, un très grand froid, une canicule ou une période de forte humidité, peuvent avoir des effets particulièrement désastreux sur les abeilles, notamment en les rendant incapables de rechercher leur nourriture.

Il a été proposé de répondre à ce problème de carence alimentaire en mettant en place des jachères fleuries à intérêt apicole, permettant de mettre à la disposition des abeilles des plantes reconnues pour leur intérêt pour les abeilles. Cette initiative est particulièrement soutenue par les firmes, et on peut prendre l’exemple de BASF agro qui a mis en place l’expérience « Jachères à intérêt apicole ». L’Union Nationale de l’Apiculture Française (UNAF) refuse cette possibilité, avançant que les colonies d’abeilles prélèvent leur nourriture dans un rayon large, rendant l’existence de quelques hectares de jachères apicoles « purement symbolique », et dénonçant une opération soutenue par les firmes qui « tentent ainsi d’affranchir leurs produits de toute responsabilité dans les surmortalités d’abeilles observées par les apiculteurs » (conférence de presse de l’UNAF à Paris le 13 février 2007).

http://www.youtube.com/v/izWXtNwCXlg&hl=en
Interview de Jean Borneck dans laquelle le Président du Syndicat des Apiculteurs du Jura rappelle l'importance de l'almentation des abeilles.

OGM

Un élément a été mis en avant par certains scientifiques et apiculteurs, peu nombreux, celui de la place des organismes génétiquement modifiés (OGM) dans la surmortalité des abeilles.

Charles-Michel Wolff, chargé de recherche au CNRS, institut de biologie moléculaire des plantes a avancé durant le 14è congrès national de l'apiculture française, à Bourges le 5 octobre 2002, que les cultures OGM ne présentent aucun risque pour les abeilles, mais qu'au contraire, elles pourraient supprimer des risques pour celles-ci, car elles remplacent les insecticides chimiques classiques qui ne font aucune distinction entre les insectes. En effet, les deux cultures OGM qui ont été autorisées en France (colza qui produit un insecticide IP et maïs produisant l’insecticide BT (avant que le moratoire n'en suspende l'utilisation)) ne s’attaquent pas aux abeilles. Le premier bloque une enzyme essentielle dans la digestion chez le coléoptère, enzyme qui n’est pas présente chez l’abeille. Cet absence d’effet a été confirmée par des expériences menées en laboratoire et sous tunnel. Le second produit une protéine détruisant les cellules épithéliales du tube digestif des papillons, protéine inoffensive pour les abeilles. Selon lui, lors de la mise au point de plantes OGM « l’impact sur les insectes pollinisateurs et les abeilles en particulier est toujours pris en compte et des études effectuées », et les abeilles n’ont a priori par grand-chose à craindre des éventuelles cultures OGM qu’elles pourraient rencontrer sur le territoire français, même s’il est nécessire de rester vigilant pour les OGM à venir.

Mais une étude a été menée à Grézet-Cavagnan en Lot-et-Garonne, sur des cultures de maïs non OGM semées au mois de mai 2006, et sur des ruches implantées en juillet de la même année, dans l’environnement de parcelles de maïs transgénique BT. Les résultats de l’étude montrent clairement des effets néfastes sur les cultures non transgéniques voisines et sur les colonies d’abeilles par la dissémination des pollens. Ceci a des conséquences très préoccupantes pour la filière apicole de par la diminution de la biodiversité, problème qui pose de nouveau le problème de la diminution de sources alimentaires pour les abeilles. L'association Terre d'abeilles s'est saisie de cette étude et insiste sur les effets néfastes des OGM sur les abeilles.

Mauvaises pratiques apicoles

Les mauvaises pratiques apicoles sont une donnée centrale dans l'explication de la surmortalité des abeilles pour plusieurs acteurs, mais plus particulièrement les firmes et certains scientifiques. C'est une donnée notamment mise en avant par des études scientifiques et des expertises qui montrent l'augmentation des risques d'affaiblissement des colonies à cause d'autres facteurs, tels que le mauvais traitement de parasitoses, ou une mauvaise alimentation des abeilles en hiver, qui ont pu agir à cause de mauvaises pratiques apicoles. C’est ainsi ce qu'affirme Jean Fedon : pour cet apiculteur, il y a une anomalie entre les apiculteurs touchés par la surmortalité et ceux qui ne le sont pas. Sur une même zone, certaines exploitations sont régulièrement touchées (30 à 50 % de pertes), alors que les exploitations adjacentes ne le sont que dans des proportions normales (3 à 8 % de pertes). Il met ainsi en avant le fait que cette anomalie est due à des pratiques apicoles différentes, aussi bien dans le processus de mise en hivernage, que du traitement du Varroa, ou encore au niveau du changement des reines.

Le 13 février 2003, Jean-Noël Tasei réalise un compte rendu de la réunion de présentation d'un audit de l'Apiculture dans la région Poitou-Charentes réalisé en 2002 devant la chambre d'Agriculture des Deux-Sèvres. Le profil des apiculteurs de la région met en avant un problème que l’on peut rapporter au niveau national. En effet, « le secteur apicole de la région vit grâce à une population âgée qui n’a ni le niveau technique ni les stratégies commerciales adéquates pour répondre à la baisse des rendements et aux pertes de cheptel ». Au niveau national, 80 % des apiculteurs français sont des amateurs. Ce compte-rendu montre bien que les apiculteurs sont généralement peu formés, rendant difficile pour eux de faire face de façon appropriée aux différents problèmes rencontrés par les abeilles, et augmentant par là le risque de mauvaises pratiques apicoles.

Le traitement des maladies, des parasites, même des prédateurs sont un enjeu majeur des pratiques apicoles. Le traitement du Varroa semble être particulièrement important et délicat. Ainsi, dès le début de l’infection, la molécule permettant de traiter l’infection était très onéreuse : certains apiculteurs, remarquant que la molécule était la même dans certains produits agricoles beaucoup moins chers, se sont mis à le fabriquer, car personne n’avait cherché de nouvelle molécule permettant de dépasser la résistance. Une étude de l’AFSSA réalisée au cours de l’hiver 2005-2006 (« Mortalités de colonies d’abeilles (Apis Mellifera) au cours de l’hiver 2005-2006 en France : enquête sur le plateau de Valensole et enquête sur 18 ruchers de différents départements »), a mis en évidence l’importance de Varroa dans des surmortalités d’abeilles, a aussi montré l’importance du mauvais traitement de cette maladie dans l’apparition de la surmortalité, particulièrement l’absence de traitement préventif. Ce mauvais traitement peut aussi affaiblir les colonies plus vulnérables, et les exposer aux virus qui existent à l’état endémique dans les colonies. Finalement, le problème des mauvaises pratiques apicoles nous ramène une nouvelle fois à la multifactorialité mise en avant par certains acteurs dans la raison de la surmortalité des abeilles.

Commentaires

Poster un nouveau commentaire

Le contenu de ce champ ne sera pas montré publiquement.
  • Internal paths in double quotes, written as "internal:node/99", for example, are replaced with the appropriate absolute URL or relative path.
  • Use <fn>...</fn> to insert automatically numbered footnotes.
  • Use [# ...] to insert automatically numbered footnotes. Textile variant.
  • Les adresses de pages web et de messagerie électronique sont transformées en liens automatiquement.
  • Allowed HTML tags: <a> <em> <strong> <cite> <code> <ul> <ol> <li> <dl> <dt> <dd> <img> <sup>
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.
  • You may insert videos with [video:URL]

Plus d'informations sur les options de formatage

Syndiquer le contenu