Sites de réseaux sociaux et culture scientifique


Mots-clés : internet
Facebook | Facebook to Twitter

On parle de plus en plus des réseaux sociaux, de Facebook, de Twitter… Entre ceux qui crient à la pire invention de l'humanité et d'autres qui ne jurent que par ça, il est souvent difficile de s'y retrouver. Je propose ici de faire le point sur ces sites et outils de communication. Je propose d'abord de définir exactement ce que sont ces sites, de donner des clés pour trouver celui ou ceux qui vous intéressent et de donner quelques conseils issus de ma pratique et des mes observations de ces sites.

Définition

J'utilise la définition des sites de réseaux sociaux de Boyd et Ellison (2007). Ces sites permettent à l'internaute de :

  • Construire un profil public ou semi-public à l'intérieur d'un système défini
  • Articuler une liste d'utilisateurs avec lesquels il partage une relation (les "amis")
  • Voir et parcourir sa liste de connexion et celles mises en place par d'autres utilisateurs dans le système (voir la liste des "amis" de vos "amis")

A travers cette définition large on distingue cinq principaux types de sites :

  • les réseaux sociaux basiques tels que Facebook
  • les plateformes (proposent de créer des blogs) et agrégateurs de blog (agrègent les billets de blogs sur un sujet commun) où les profils sont les blogs en eux-mêmes et la liste d'amis la liste de blogs mis en lien (blogroll)
  • les services de microblogging tels que Twitter
  • les communautés de partage de contenus (YouTube, SlideShare…)
  • les social bookmarking (favoris sociaux), les internautes partagent des liens

Tour du web

Parmi les sites spécialisés dans les sciences, il existe essentiellement des plateformes de blog (ou des agrégateurs) qui regroupent des blogs de sciences et de chercheurs. En français, il s'agit essentiellement d'Hypothèses (spécialisé sur les Sciences Humaines et Sociale), de C@fé des sciences et d'Agence Science Presse. Les deux derniers sont des agrégateurs. Si vous voulez en trouver plus, j'ai créé un tableau les recensant.

Il existe également Knowtex, un site de social bookmarking. Ce site permet de partager, d'échanger et d'évaluer des liens en rapport avec la Culture Scientifique et Technique. Ce site compte plus de 900 membres en moins d'un an d'existence. Et les discussions autour des liens commencent à prendre.

Dans le tableau suivant, je présente les principaux sites, leurs caractéristiques (ce qu'on y fait), les usages les plus courants et les publics que vous toucherez. Mais sachez que le public atteint par ces outils reste en général un public qui s'est préalablement intéressé à votre sujet.

site type caractéristiques usages publics
Twitter microblogging envoi de messages de 140 caractères, partage de liens html veille, mise en avant de contenu, annonce d'événements publics de l'institution, journalistes, personnes intéressées
Facebook réseau social échange de messages, de photos, de vidéos, de liens html et d'évènements informations généralistes et évènements, mise en avant de contenu publics de l'institution, personnes intéressées
Knowtex bookmarking social mise en commun de liens partage de liens, discussion personnes intéressées par la science
C@fé des sciences / Hypothèses plateforme de blogs/agrégateur de blogs articles écrits et discussions regroupement d'articles de blogs de science, discussion autour de ceux-ci (commentaires ou articles réponses) personnes intéressées par la science
Blogs rattachés à un journal plateforme de blogs articles écrits et discussions regroupement des articles des blogs du journal, discussion (commentaire) personnes lisant le journal

Gérer un compte

La gestion d'un compte demande du temps et une disponibilité régulière pour mettre en ligne du contenu, répondre aux questions, modérer les discussions (en particulier pour les blogs et les pages Facebook).

Chaque réseau a son langage, ses codes… tels de mini-sociétés. Il est donc assez difficile de faire un guide générique, mais certains conseils peuvent être valables pour tous les réseaux :

  • Observer les comportements des autres (mise en forme de l'information, ton utilisé, langage…) pour apprendre les règles implicites,
  • Savoir à qui vous parlez ("grand public", journalistes, spécialistes, scientifiques…) et adapter votre discours,
  • Oublier l'écrit, les réseaux sociaux reposent sur un style proche de l'oralité (Wright 2007),
  • Répondre aux remarques positives et négatives des internautes,
  • Prendre le temps d'identifier les personnes influentes ou ressources qui pourront vous aider,
  • Demander de l'aide aux internautes si besoin est et aider en retour,
  • Etre attentif aux changements d'usages.

Pour mieux appréhender le vocabulaire spécifique, il existe des dictionnaires en ligne assez complets comme myNetwords.com.

Pour conclure, les sites de réseaux sociaux sont de bons outils d'échange et de partage d'information mais ils demandent un effort de compréhension des interactions entre les membres. Il faut également prendre en compte les spécificités de chaque site. De plus cet article ne présente que mon point de vue, alors n'hésitez pas à faire part de votre opinion ou de poser vos questions, je tenterai d'y répondre.

Bibliographie

Danah M Boyd, et Nicole B Ellison. 2007. Social network sites: Definition, history, and scholarship 13, n°. 1: article 11.
Wright, Alex. 2007. Friending, Ancient or Otherwise. The New York Times, Décembre 2, rub. Week in Review.

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Commentaires

Exprimez-vous ! L'association Sciences et Démocratie se bat pour donner la parole aux citoyens dans les débats « science société ». Vos messages renforceront notre motivation.

Re: Sites de réseaux sociaux et culture scientifique

Excellent article !

Discutons de nos usages des réseaux sociaux en CST

Un grand merci à Hélène d'avoir proposé cet article qui plante bien le décor et qui intéressera forcément ceux des praticiens de la CST qui regardent encore ces outils d'un œil dubitatif ou simplement perplexe.

Je vous invite à poser des questions, à partager vos expériences si vous en avez déjà .

De mon côté, je vous parlerai dans les jours qui viennent de la manière dont j'utilise Twitter pour Sciences et Démocratie...

Re: Sites de réseaux sociaux et culture scientifique

Peux-tu me donner un exemple de ce que tu défini comme "blogs rattachés à un journal". Est-ce que c'est par exemple le blog "En quête de science" tenu par un journaliste du Monde (et un enseignant) ?
Sinon, en effet, article très intéressant!

Océane

Re: Sites de réseaux sociaux et culture scientifique

Merci de signaler cet oubli, effectivement je parle des blogs du type "En quête de science" ou "Science au carré". J'ai inclus ce type de blog souvent tenu par un journaliste scientifique (en général) et qui bénéficie d'une visibilité sur le site du journal. Les lecteurs des journaux peuvent lire ponctuellement des billets qui les intéressent.
Hélène

Re: Sites de réseaux sociaux et culture scientifique

Ok mais dans ce cas, je nuancerais les lecteurs de ce type de blog dans ton tableau. Je lis assez souvent "En quête de science" mais je ne lis pas (ou très rarement) Le Monde. Il n'est pas évident que tous les lecteurs de ces blogs soient des lecteurs des journaux qui s'y rapportent.

Océane

Les différents profils

Pour ceux, comme moi il y a un an (et encore maintenant), qui ne sont pas familiers de l'usage des réseaux sociaux, une première question à se poser est "l'identité".
Dans la 'vraie' vie, nous jonglons allègrement avec plusieurs identités. Nous montrons une personnalité et entretenons des rapports différents avec nos collègues, nos amis, notre famille proche ou éloignée, nos clients etc.
Parfois, nous rencontrons des 'conflits' internes. Comment gérer une relation amicale au travail? Doit-on inviter nos amis et notre famille ensemble ou séparément le jour de notre anniversaire?

Sur les réseaux sociaux c'est la même chose. Sauf que tout le monde s'appelle 'ami'. Pourtant tous nos contacts n'ont pas le même statut (certains l'ont appris à leur dépends).

Du coup, quand on se crée un profil (sur facebook ou twitter par exemple), il faut se demander laquelle (ou lesquelles) de nos multiples identités va-t-on utiliser.

Par exemple, j'ai deux profils facebook : un pro et un perso. Sur le pro, j'accepte tous ceux qui souhaitent être mes "amis". (Ben, oui, dans mon métier, je ne vais pas refuser de dire bonjour à un visiteur sous prétexte que je le connais pas... je travaille dans un musée!).
Sur le perso... ben c'est perso, je n'en parlerais pas ici.

Sur Twitter j'ai un profil "perso/pro" (ça se complique). c'est à dire que je parle en mon nom, je ne 'suis' pas tous ceux qui me suivent. Par contre, je ne diffuse et ne relance que des choses en lien avec mon boulot (la culture scientifique).

Bon c'est un peu long, mais cela me semble important de préciser cela rapidement dans la démarche: savoir soi-même 'qui' parle. Pour ensuite se poser les questions de 'à qui', 'pourquoi' et 'comment'.

ça permet aussi de démarrer sereinement.

Re: Sites de réseaux sociaux et culture scientifique

Cet article me mène à me poser certaines questions sur réseaux sociaux/CST et notamment du point de vue professionnel?:
Comment ces réseaux sont-ils/peuvent-ils être utilisés en CST??
Au-delà d'un simple échange de contact, et d'acceptation "d'amis", y a-t-il une vraie dynamique de réseau en terme professionnel. Des études ont-elles été réalisées à ce sujet??
En effet "être visible" sur la toile est une bonne chose, mais quels sont les apports concrets de tels réseaux??
Je suis inscrite sur différents sites type Facebook, Knowtex et au final les personnes qui sont en contact avec moi via ses outils sont à 98 % des personnes de mon entourage professionnel proche (étudiants, prof, collègues de travail) et avec qui j'échange régulièrement par mail pour les questions de CST et non via ces réseaux.
En d’autres termes ces outils ne m'apportent au final que très peu d'information.
Le seul outil ayant "marché" dans ce domaine est pour moi l'agrégateur, c'est d'ailleurs grâce à l'un de ces outils que je suis ici aujourd'hui. Je dis "marché" car une fois abonné à des dizaines de flux pour suivre l'actu on se retrouve noyé sous l'information (élément très rébarbatif à mon sens).

Voici quelques éléments de réflexion certes décousus (vous m'en excuserez), mais qui j'espère permettront d'entrouvrir des pistes pour l'optimisation de ces outils en termes professionnels.

quel utilisation pour les réseau sociaux en CST

@Diane Sorel
(pour info, je travaille dans un muséum d'histoire naturelle).

Pour ma part, d'un point de vue de mes rapports avec d'autres professionnels, je suis en contact avec des personnes d'autres régions, je peux simplement être au courant de leur travail et/ou interragir plus directement avec des gens que j'aurais mis beaucoup plus de temps (du fait de la distance notamment) à rencontrer.
Les réseaux sociaux me permettent d'avoir une image d'un certain paysage de la culture scientifique, que je n'aurais pas autrement.
Par contre, l'un des "défauts", c'est que le monde des gens qui font de la CST et sont présents activements sur les réseaux ne représente qu'une partie de tous les acteurs de la CST, et qu'il faut du coup rester vigilant à ne pas 'oublier' ces autres acteurs.

D'un point de vue 'rapport aux publics', nous passons progressivement d'une utilisation des réseaux sur le mode 'diffusion d'info' au mode 'conversation'. ça demande un investissement beaucoup plus important, et un véritable savoir faire (beaucoup d'essai/erreur). Mais cela commence à 'prendre', nos 'fans', 'amis','membre de groupe' sur facebook commencent à nous faire des retours, à nous poser des questions.
Des opérations comme 'ask a curator' sur twitter:
http://www.buzzeum.com/2010/09/ask-a-curator-mon-bilan/

http://blog.museum.toulouse.fr/index.php/post/2010/08/19/Ask-A-Curator-%...

donnent une visibilité à ce positionnement de dialogue(à la fois pour d'autres professionnels et pour les publics.

J'espère t'avoir apporté quelques éléments de réponse.

Re: Sites de réseaux sociaux et culture scientifique

Le "problème" de Facebook et de Knowtex est la symétrie des rapport : pour suivre une personne, il faut que celle-ci soit d'accord, cela ne rend pas simple la mise en relation. A l'inverse Twitter propose des rapport asymétrique, on n'a pas besoin de connaitre une personne pour la suivre, de même pour les blogs. Cette asymétrie permet d'entrer en contact avec des personnes qu'on ne connait pas plus facilement. Bien sûr, cela demande de prendre du temps, de rechercher les personnes et d'interagir avec ces personnes. En tout cas, cela demande du temps, de même que dans la vie physique.
Après, c'est aussi à toi de parler de CST sur ces réseaux. Ainsi tes contacts penseront peut-être à le faire via ces réseaux. Tu pourras alors voir les réponses de leurs contacts et ainsi élargir ton réseau.
Pour le côté "noyé sous l'info", je n'ai pas trouvé de solution (à part une lecture plus qu'en diagonal).

Re: Sites de réseaux sociaux et culture scientifique

L'expérience dont nous parle Malvina est très intéressante, et quand elle dit qu'il faut beaucoup de temps, je veux bien le croire.
D'autres personnes ont-ils mis en place ce genre de "conversations".
Comment étudier la pertinence de facebook ou de knowtex pour une entreprise qui souhaite élargir sa stratégie des moyens pour une comm ? C'est vraiment une excellente question. Si certains ont des éléments de réponses ou d'autres expériences, je prend, on m'a justement posé la question lors de mon dernier entretien d'embauche.

Océane

Re: Sites de réseaux sociaux et culture scientifique

À l'heure actuelle beaucoup de monde est sur Facebook ou similaire. Il semble que entreprise a tout intérêt à y figurer. Ceci-dit je doute de l'apport réel en terme communicationnel. C'est un plus, ça semble indéniable, mais l'investissement en terme de temps est peut être trop important si l'on veux donner des actus régulièrement.
Je ne connais pas d'étude à ce sujet mais ces outils mériteraient d'être analyser sous cet angle. Je suis preneuse d'information à ce sujet !
Des sites comme Viadeo paraissent certainement plus "pro"et bien plus prioritaire que Facebook, qui garde son image personnelle avec les "amis".

Re: Sites de réseaux sociaux et culture scientifique

Bonjour Diane,

J'étais également dubitatif quant au rapport bénéfice / temps investi sur Facebook. En tout cas dans le cadre d'un projet comme Sciences et Démocratie, qui n'est pas vraiment "sexy". Et de ce fait j'utilise cet outil que de façon minimaliste. En réalité, je viens de regarder les stats du site sur les 12 derniers mois et le résultat n'est pas si mal au regard du temps passé justement (une quizaine de minutes par semaine, à tout casser) : Facebook se place en 12e position des sources de visites sur notre site, toutes sources confondues (y compris les moteurs de recherche donc). A titre de compaison, Twitter est en 6e position (j'en ai une utilisation beaucoup plus poussée). Mais ça reste sans commune mesure avec le nombre d'entrées générées par Google...

En revanche, nous n'utilisons pas encore des sites comme Viadeo ou Linkedin. Une idée à creuser. Je suis preneur de témoignages également.

Re: Sites de réseaux sociaux et culture scientifique

Voila des éléments très intéressants. ça représente combien d'entrées approximativement ?

Re: Sites de réseaux sociaux et culture scientifique

Diane,

Merci de la question. Chercher le résultat m'aura évité une illusion : Facebook nous a apporté seulement 250 visites sur un an. Donc cette 12e place n'a rien de mirobolant. Mais il faut peut-être prendre ces résultats avec des pincettes : Twitter, en 6e place de nos sources de visites, n'aurait généré que 500 entrées. Je suis très étonné... Notre outil de stats est Google Analytics.

évaluation des bénéfices lié aux réseaux sociaux

La question des 'entrées' générées par les réseaux (que ce soit vers un site web ou un site 'physique') revient souvent.
Même si elle est intéressante, je pense que le critère 'quantitatif' doit être le seul à prendre en compte dans les 'bénéfices' d'être présents sur les réseaux sociaux, par rapport au temps que cela prend.

Quand vous prenez un café avec des collègues, est-ce que vous comptez ce que ce 'temps passé' vous rapporte en terme de bénéfices immédiatement comptabilisables (j'espère que non, sinon, je réfléchirais à 2 fois avant de prendre un café avec vous).

Pourtant, ce temps passé à discuter, est souvent bénéfique en terme de bien-être au travail, de transfert d'information, de meilleure connaissance du travail des collègues etc... etc...Au point que les entreprises prennent très au sérieux (enfin, plus ou moins), le espaces (de temps et d'espace) de pause, de 'loisir' etc... et y investissent de l'argent.

Les réseaux sociaux représentent (avec leurs limites) un moyen supplémentaire pour une institution par exemple de dialoguer avec ses publics d'égal à égal (pas de temps de parole limité, un cadre permettant à chaqu'un d'exprimer ses opinions, ses connaissances etc.) et ce de façon plutôt dynamique.
C'est cohérent avec une démarche d'ouverture, de participation, de dialogue.

Dès lors pour l'institution il ne s'agit presque plus de savoir quel intérêt elle a à être présente sur facebook, mais plutôt, pourquoi (si elle affiche une volonté participative, d'ouverture au plus grand nombre) est-ce qu'elle n'y est pas encore ?

Après il y a d'autres questions, plus directement liées à quel réseau utiliser... mais pour ça...
http://www.mixeum.net/