Des nanorobots travaillant à l'échelle moléculaire aux implants cybernétiques, les nanotechnologies sont porteuses de rêves dont les auteurs de science-fiction ont été tour à tour les producteurs et les clients. Elles seraient en passe de révolutionner tous les domaines technologiques.
Voici, par exemple, les axes de recherche présentées comme les plus prometteurs pour les pays en voie de développement, selon une étude du Centre de Bioéthique de l'Université de Toronto [1] :
- 1. Production, stockage et transformation d'énergie
- 2. Amélioration de la productivité agricole
- 3. Traitement de l'eau
- 4. Diagnostic médical
- 5. Systèmes de distribution de médicaments
- 6. Production et stockage de la nourriture
- 7. Traitement de la pollution de l'air
- 8. Construction
- 9. Suivi médical
- 10. Désinsectisation
La promesse de bénéfices pour la société et surtout pour les entreprises stimule les investisseurs. Des budgets énormes ont déjà été engagés et ce n'est que le début. Mais les innovations annoncées, les promesses sur la base desquelles sont aloués les budgets, sont-elles réalistes ?
Nous vous proposons de discuter ici plus précisément du réalisme, de la faisabilité de ces projets...
Références
1. F. SALAMANCA-BUENTELLO, D. L. PERSAD, E. B. COURT, D. K. MARTIN, A. S. DAAR, P. A. SINGER. Nanotechnology and the Developing World. PLoS Medicine, April 2005, Volume 2, Issue 4, e97, 12 avril 2005.
http://medicine.plosjournals.org/archive/1549-1676/2/5/pdf/10.1371_journal.pmed.0020097-S.pdf
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Témoignages
Deux témoignages recueillis lors du Café du Vivant du 12 janvier :
Claude Weisbuch (Ecole Polytechnique, laboratoire de physique de la matière condensée) a indiqué les projets sur lesquels il travaille :
- des émetteurs de lumière très haut rendement, constituant une source vingt fois plus efficace que les sources actuelles, permettant des économies d'énergies considérables ;
- des biopuces qui, d'ici vingt ans, nous permettront de disposer de « lecteurs » capables de diagnostiquer, à partir d'une simple goutte de sang, les infections auxquelles un individu a été exposé, et permettant de réaliser des traitements aux dosages extrêmement précis, adaptés à chacun ;
- papier à encre électronique.
Laurent Gouzènes (ST Microelectronics, président du Réseau national en nanosciences et nanotechnologies, R3N) a indiqué que les thématiques développées au sein du réseau R3N sont : les nouveaux systèmes de calcul ; les matériaux (notamment pour les revêtements) ; les nano-biotechnologies ; l'instrumentation ; la simulation. Il a précisé que les projets de recherche labellisés cette année concernent très majoritairement la recherche fondamentale. Ainsi, les nanotechnologies ne présentent pas seulement un intérêt en tant que produits mais aussi en tant que nouveaux outils de recherche. Par exemple en biologie, des nanoparticules peuvent être utilisées comme marqueurs pour la compréhension de la machinerie cellulaire. En physique, on espère de nouveaux microscopes permettant d'étudier la matière à l'échelle de l'atome...
Voir le compte-rendu du débat :
http://www.vivagora.org/IMG/pdf/Vivagora_CR_12janvier2006.pdf
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