Toxicité des nanoparticules et des nanotubes

Tubes

Les nanotubes représentent-ils une menace de type « amiante » en s'insinuant dans nos voies respiratoires ? Jusqu'où les nanoparticules peuvent-elles pénétrer dans un organisme du fait de leur taille ? Quels effets peuvent-elles y avoir ? Une question d'actualité en comparaison du scénario de la gelée grise popularisé dans « La proie »*...

Ce n'est déjà pas plus faire preuve d'anticipation que de s'intéresser à la pénétration des nanoparticules dans l'organisme. En effet, la présence de nanoparticules dans notre environnement est déjà une réalité : le noir de carbone, les particules émises par les véhicules diesel. Ce que la ruée vers les nanotechnologies a apporté par rapport à ce sujet, c'est une prise de conscience.

A l'occasion du débat public "Quoi de neuf avec les nanotechnologies ?", Alain Lombard, toxicologue, a signalé la réalité de la dissémination des nanoparticules qui sont produites aujourd'hui, la possibilité inhérente à leur taille de pénétrer dans l'organisme et a pointé du doigt notre ignorance quant aux effets quelles pourraient y avoir.

La position de Benoît Hervé-Bazin (Institut National de Recherche et de Sécurité) sur ce sujet était sans équivoque. Si la présence de nanoparticules dans notre environnement n'est pas une nouveauté, l'augmentation de l'exposition est, elle, incontestable, d'une part avec les particules issues du diesel par exemple, d'autre part avec celles qui sont créées à la demande. Il y a également nouveauté du point de vue des risques toxicologiques auxquels nous serons exposés avec les nanotechnologies en raison de l'originalité de leurs propriétés. Il rejoint ici la position de Claude Weisbuch qui, un peu plus tôt, avait affirmé la nécessité d'étudier les risques au cas par cas.

Benoît Hervé-Bazin a indiqué que le premier risque aujourd'hui est lié à la pénétration par voie pulmonaire, par inhalation. Des études ont ainsi déjà révélé que les nanoparticules se déposent dans l'organisme de façon plus importante que ne le font les particules de taille micrométrique et que l'effort physique augmente ce phénomène. En conséquence, ce sont les professionnels qui sont les plus concernés. Une étude mexicaine a aussi montré une distribution des nanoparticules dans tout l'organisme par voie lymphatique et, de façon plus inattendue, par voie nerveuse. Des études ont montré que des particules nanométriques comme des fullerènes et des particules issues de la pollution diesel auraient ainsi été retrouvées dans le cerveau. Une autre étude propose un rapprochement de ce phénomène avec la maladie d'Alzheimer !

* voir la page Finirons-nous tous en gelée grise ?

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Commentaires

Exprimez-vous ! L'association Sciences et Démocratie se bat pour donner la parole aux citoyens dans les débats « science société ». Vos messages renforceront notre motivation.

Pour en savoir plus

C'est toujours la même question qui revient quand on veut aborder un sujet aux multiples ramifications : par où commencer ? Je voulais en savoir plus sur les nanoparticules qui existent aujourd'hui et les enseignements qu'on pouvait en tirer. Ce faisant, je constate que l'on tombe dans un sujet extrèment vaste. Pour vous en donner un aperçu, j'ai retenu ces quelques documents :

- un exposé de Benoît Hervé-Bazin daté de janvier 2006 intitulé « Nanoparticules : nanorisques ? », relatant un certain nombre d'études montrant des effets biologiques des Particules Ultra-Fines*, et donnant un aperçu de la quantité de paramètres qu'il faut prendre en compte pour étudier sérieusement leur toxicité : le nombre de particules, leur taille, leur surface, les molécules qui s'y accrochent...
http://www.dr5.cnrs.fr/delegation/Prevention_et_securite/Stock_PDF/Expos...

- une intervention de Philippe Hubert (INERIS : Institut National de l'Environnement Industriel et des Risques) qui replace la question de la toxicité des nanoparticules dans un contexte historique (pages 28 à 31).
http://www.comite-histoire.minefi.gouv.fr/etudes__publication/comptes_re...

- notamment pour sa qualité pédagogique, le n°2227 de la revue Hygiène et Sécurité au Travail éditée par l'INRS
http://www.hst.fr/inrs-pub/inrs01.nsf/IntranetObject-accesParReference/ND%202227/$File/ND2227.pdf

* Les nanoparticules sont des Particules Ultra-Fines (PUF), c'est-à-dire des particules dont la taille est inférieure à 100 nm. A côté des PUF, on étudie également des PM10 et des PM2.5 : particules micrométriques de 10 et 2.5 microns respectivement.

Nanotechnologies, le risque "atomique" ?

Avec ce titre volontairement provocateur, CAP 21 ouvre le débat des nanotechnologies dont on nous promet qu'elles vont révolutionner nos sociétés. Faut-il en avoir peur ? Peut-on encore en anticiper les risques pour la santé et l'environnement avant une diffusion massive dans notre vie quotidienne ? Nous donnons-nous les moyens de mettre en place les moyens d'évaluation et de contrôle nécessaire ou reproduira-t-on le schéma classique "signaux précoces, leçons tardives" de l'amiante ?

Un dossier vous a été préparé sur le site de CAP 21 (www.cap21.net)pour en savoir plus sur ce sujet passionnant qui ne peut et ne doit être réservé à la seule analyse des scientifiques et des industriels.

J'attends avec impatience vos commentaires sur le blog "pour un monde solidaire et durable". http://pourunmondesolidaire.hautetfort.com/
Bon débat !

Bravo pour votre site

Eric Delhaye
Porte-parole de CAP 21

Bonjour,

Bonjour,
ayant travaillé au Koweït après la 1ère guerre du Golfe,le laboratoire des Drs Gatti et Montanari a mis en évidence,dans des biopsies prélevées dans mon estomac,des nanoparticules de composés de zinc,cuivre,carbone,or,phosphore et autres...
Outre la toxicité chimique,connue et à priori démontrée,reste à déterminer la toxicité radiologique de ces particules(provenant de l'explosion des munitions à l'uranium appauvri utilisées par les Alliés)est-elle démontrable et si oui,par qui et comment?Il faut absolument arriver à une interdiction de ces munitions qui continuent d'affecter les populations civiles d'Irak, d'Afghanistan et plus près de nous du Kosovo. Les enfants sont les premières victimes!

les nanos : objet de toutes les convoitises et de toutes les opp

Bonjour,

Après l'ouverture de Minatec, je ne sais pas encore trop quoi penser des nanotechnologies:

D'un coté, certains espèrent créer ces fameux "poles de compétitivité", où recherche, entreprises, université se cotoient dans le but de développer de nouveaux processus, des produits innovants, et des emplois. Un peu sur l'exemple Nord-Américain. Effectivement, force est de constater le déclin croissante de nos fac (tout étudiant du campus de Lyon ne peut que constater l'état des laocaux, des labos, même des labos de sciences, je ne peux pas dire grand chose sur le campus de saint martin d'hères, n'y ayant pas été étudiante, les délocalisations successives des entreprises (ST à Crolles ce n'est rien à coté de ST en Inde!!). c'est vrai que les investisseurs recherchent ces espaces dédiés à l'innovation, innovation qui permet aux pays européens de maintenir des emplois sur place, ailleurs qu'en Asie par exemple. s'opposer aux nanotechnologies, n'est ce pas accéléer encore ce processus de délocalisation de l'emploi, en tout cas sur le bassin grenoblois??

D'un autre coté, le principe de précaution nous impose d'étudier au plus près les impacts de ces nouveaux produits, si petits qu'ils peuvent traverser les membranes cellulaires. Quels effets sur les cellules? Quelle toxicité? Rappelons nous de l'amiante, utilisée à tort et à travers (alors même qu'on apprenait ses effets néfastes sur le système respiratoire). Science sans conscience n'est que ruine de l'âme...

cordialement, et en attente de réaction voire de réponses...

Premier nano-scandale

« C'est le premier nano-scandale. La première alerte sanitaire au monde impliquant l'univers complexe des nanotechnologies: lancé en Allemagne à grand renfort de publicité, le nettoyant ménager pour salle de bains Magic Nano devait révolutionner la vie des ménagères en projetant sur le carrelage un film invisible capable de repousser la saleté et les bactéries. Las! Ce produit miracle a été retiré précipitamment des magasins, après avoir déclenché des phénomènes de détresse respiratoire chez 97 consommateurs. Et ce en l'espace de trois jours à peine. Plusieurs d'entre eux ont même été hospitalisés pour un œdème pulmonaire (accumulation de liquide dans les poumons). [...] »

Source : Estelle Saget, L'express, 18 mai 2006
http://www.lexpress.fr/info/sciences/dossier/nanotube/dossier.asp?ida=43...

Re: Premier nano-scandale

On peut s'étonner que la toxicité de ces nouveaux produits ne soit pas testée systématiquement avant leur mise sur le marché. En cherchant (un peu) sur cette question, j'ai trouvé ceci :

"Les dangers liés aux nanoparticules à nouveau sur le devant de la scène"
http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/34016.htm

On y évoque le fait que Magic Nano n'aurait rien de nano. C'est un cas qu'il serait intéressant de développer sur notre page "Une appellation « nano » pas toujours méritée". Des volontaires pour nous en dire un peu plus ?

Il y est également mentionné que la nouvelle régulation européenne Reach (pour Registration, Evaluation and Autorisation of Chemicals) « devrait remédier au problème du manque de tests standardisés pour évaluer la toxicité des nanomatériaux ». Mais j'ai entendu dire que la nomenclature CAS qui sert à identifier les substances chimiques n'est pas applicable aux nano-objets, du fait des multiples propriétés qu'ils peuvent présenter. Dans ces conditions, ne doit-on pas d'abord définir une nouvelle nomenclature avant d'envisager leur appliquer REACH ? Des amateurs pour nous apporter des éléments de réponse ?

Concernant Reach : en effet,

Concernant Reach : en effet, cette future législation sur les produits chimiques est basée sur la nature chimique des produits, et pas (sauf exception) sur leur taille ou leur forme. Or, c'est en cela que la toxicologie sur les nanoparticules est nouvelle : la taille des particules importe davantage que leur composition chimique. Par exemple, l'or massif réagit très difficilement chimiquement, alors que des particules d'or de quelques dizaines de nanomètres réagissent (on s'en sert même comme catalyseurs).
Je ne peux que vous recommander la lecture du rapport du Comité de la Prévention et de la Précaution (dépendant du ministère de l'environnemnent) : http://www.ecologie.gouv.fr/article.php3?id_article=6255

pour info

pour info :
http://nanodesign.free.fr/index.php/2006/05/26/268-pas-de-nano-dans-magi...

Ce n'est pas pour cela en effet qu'il ne faut pas faire de tests en amont.

nanoparticules et beauté..

On vante les mérites de certains produits de beauté pour la peau pouvant la faire "rajeunir" mais ma question est: ces produits contiennent-ils des nanoparticules ? et surtout contiennent-ils des nanoparticules à risque ?
Personnellement, je ne me colle pas ce genre de produits sur la peau (du visage tout du moins) preferant les produits naturels ou bio (pour le même prix qu'une creme de "luxe" voire même moins cher..) D'instinct je ne fais pas confiance en ces produits contenant des mots savants compliqués qui pourraient être des nanoparticules..
Existe-il une liste repertoriant ces nanoparticules à risques ?
Merci pour votre aide.

Symptomatique TiO2

Cité des sciences de la Villette, 20 mars 2007, débat sur les nanotechnologies*. Marc Lipinski, vice-président de la région Ile-de-France en charge de la recherche (pour faire court), interpelle Jocelyne Boudot, de la DG Santé, sur l'inaction des pouvoirs publics concernant le TiO2, très répandu** alors qu'il est classé cancérigène 2B depuis février 2006 (par le CIRC, centre international de la recherche sur le cancer)***. Elle répond tout d'abord que cette classe signifie cancérigénicité possible, hypothétique. A ceux qui lui signifient que sa réponse n'est pas satisfaisante, elle répond qu'il faut davantage d'études toxicologiques. Elle juge bon d'ajouter "mais nous n'avons pas le pouvoir d'entraver la liberté commerciale". Claude Saunier, sénateur des Côtes d'Armor et vice-président de l'OPECST, dira un peu plus tard "au dessus de la liberté de commerce, il y a la responsabilité des pouvoirs publics d'assurer la sécurité sanitaire des populations inscrite dans la Constitution". Francis Quinn, physicien au département Recherche de L'Oréal présent dans le public, interviendra pour souligner la diversité des formes de TiO2 et précisera que celui des crêmes solaires de L'Oréal est innofensif.

Un échange symptomatique à plus d'un titre...

* voir le site nano de la Cité des sciences
** voir notre page Des nanoproduits déjà sur le marché
*** voir sur le site de l'INRS : Le dioxyde de titane, cancérogène pour l'homme ?

Irresponsabilite du CNRS

Actuellement chercheur dans un laboratoire francais, je m'etonne que le CNRS octroie des credits de recherche pour l'etude de la synthese de nanocomposants a base de nanotubes de carbone greffes pour la vectorisation de medicaments et proteines, dans le corps humain.
Voici plusieurs semaines que je me documente sur la cytotoxicite des nanoparticules en tout genre et d'apres les nombreuses etudes deja realisees, il ne fait pas de doute, pour les chercheurs travaillant dans ce domaine depuis pres de 20 ans, que bon nombre de nanoparticules, entrant en contact interne avec le corps humain, sont susceptibles d'entrainer des inflammantions locales, de diffuser dans le cerveau, les reins, le foie, de modifier l'ADN de nos cellules, d'entrainer des crises cardiaques, voir à long terme des cancers ou la maladie d'Alzheimer...
Devant la complexite du fonctionnement du corps humain, il me parait dangereux voir irresponsable d'utiliser ces nanoparticules dans le cadre d'une hypothetique therapeutique ciblee.
Mais il est vrai que de tels sujets permettent tout simplement a certains chercheurs de justifier d'une activite scientifique vis a vis du CNRS.
Avant d'octroyer ces credits (resultant de la collecte de nos impots), dans le cadre de recherches hasardeuses, le CNRS ne se devrait-il pas de developper en amont une tres serieuse etude de la toxicite de ces nanoparticules support, directement injectees dans le sang et irriguant tous nos organes ?
On peut craindre que si une telle therapeutique devait se developper dans l'avenir,aussi seduisante soit-elle, elle n'entraine tout autant de desastres que l'amiante en son temps.

Enfin,un chercheur qui tire la sonnette d'alarme!

Enfin,un chercheur qui tire la sonnette d'alarme!
Dans mon commentaire,j'étais étonné qu'aucune recherche ne soit effectuée (sur la base du volontariat)sur des gens qui,comme moi,ont ingéré et inhalé des nanoparticules, dans un contexte professionnel.
Va-t-on voir apparaître,d'ici quelques années,un nouveau "mal" type amiante,parce que la recherche de profit aura été plus forte que la raison.
Merçi à ce chercheur qui soulève de nouveau le problème des nanoparticules

Du manque d'études de toxicité

Bonjour,

Malgré "les nombreuses études déjà réalisées" (cf commentaire #11 d'Ecureuil), quiconque prête l'oreille aux débats sur les nanotechnologies entend dénoncée l'insuffisance des études de toxicité. En tant que citoyen, cela me conduit à m'interroger à la fois sur le pilotage de la recherche publique et sur l'application du principe de précaution dans l'industrie. Voici deux pages nouvellement créées pour en débattre : Le pilotage de la recherche publique et Pour une innovation plus prudente.

Ressources scientifiques sur les risques liés aux nanos

Vous pouvez trouver un recensement des publications scientifiques sur les risques potentiels ou avérés des nanos pour la santé et l'environnement à l'adresse suivante :

http://www.nsec.wisc.edu/NanoRisks/NS--NanoRisks.php

www.safenano.org

Bonjour

Je participe á la création d une base de donnée des publications concernant les nanoparticules et leur toxixité. Cette base de donnée est en libre accés sur www.safenano.org

Si vous avez des informations en tout genre au sujet des nanoparticules ou bien la connaissance de nouvelle recherche sur leur toxicité contactez moi.

Brice Dourcin

Soyons plus précis...

Bonjour,

Tout d'abord, félicitations pour votre blog, j'ai pris beaucoup de plaisir à le consulter !

J'interviens dans ce fil comme professionnel dont les activités sont liées aux développements de produits finis intégrant des nanoparticules et je souhaiterais faire deux remarques:

1.L'univers des nanotechnologies est tellement vaste et varié qu'il est impossible de le considérer en bloc. Chaque nanomolécule, chaque application, doivent être considérées au cas par cas dans leurs études toxicologiques, ce qui représente un travail déjà considérable à ce jour et qui ne va que s'amplifier dans les années à venir. En raison de la rapidité des développements dans ces domaines (10x plus rapide que l'informatique...), la tâche des organismes de santé publique pour les contrôles toxicologiques, tenant compte de leur méconnaissance bien légitime de ces technologies émergentes et des dépenses liées à ces contrôles, est rendue excessivement complexe...

2.Le degré de toxicologie supposée de certaines nanomolécules varie énormément entre le personnel exposé quotidiennement à la fabrication et à la manipulation des poudres nanoparticulaires et la population exposée occasionnellement à des produits finis...

Il est bien évidemment utile d'informer préventivement comme vous le faîtes, sur les risques éventuels liés aux nanotechnologies mais en précisant ces deux remarques.

L'exemple de ce produit allemand qui a déclenché une levée de boucliers anti-nano en Allemagne alors qu'il s'est révélé ne contenir aucune nanomolécule, montre à quel point il faut être attentif à ne pas devenir alarmiste et à faire la part des choses...

A mon sens, les études toxicologiques prioritaires doivent concerner le personnel exposé directement aux poudres de nanomolécules... Car vous et moi et la population en général, ne sommes généralement exposés qu'à des produits finis qui s'érodent bien sûr avec le temps, mais sans réel danger. Pourquoi? Parce que dans un produit fini, les nanoparticules ont tendance à se lier entre elles et se lient également à d'autre composants du produit (liants, silice, etc.). Les particules qui se détachent du support par érosion, usure, accident, etc., sont des agglomérats de différentes matières liées entre elles dont des nanoparticules. La taille de ces agglomérats n'a plus rien à voir avec la taille nanométrique d'origine des nanomolécules. Or dans la majorité des études toxicologiques, c'est la taille des nanomolécules les rendant assimilables par le corps qui est mis en cause et qui pose problème...

Cordialement,

Jean

Commentaire

"...la population exposée occasionnellement à des produits finis..."

Nous sommes en permanence au contact de produits chimiques, plus ou moins dangereux et en quantité plus ou moins importante.

Et il semble bien que les industriels (et les scientifiques)soient tout prêts à se précipiter sur le nouvel Eldorado des nanoparticules.

Il faut pourtant rappeler que de plus en plus fréquemment ces dernières années des études sont réalisées et mettent à jour des problèmes de santé liés à l'absorption de produits chimiques.

Par exemple la progestérone de synthèse qui provoque le cancer du sein, les poussières en tout genre (pollution) qui entrainent le décès des plus fragiles, les OGM, dont ils a récemment été démontré qu'ils endommageaient les organes tels que le foie et les reins chez le rat... Quant aux nanoparticules elles font déjà partie de notre quotidien, sans que nous nous en apercevions (quelques ouvrages sont parus récemment en librairie).

Il ne faut pas oublier que ces nanoparticules n'ont rien de naturel !!!!

Il parait évident de se méfier de ces nanoparticules, dont la dangerosité est liée à leur très petite taille et à leur composition chimique de surface.

La sagesse et le bon sens (pas besoin de sortir de Polytechnique et d'enfoncer des portes ouvertes, ce que fait bien souvent le monde scientifique) recommanderaient donc de fuir le plus possible les éléments non naturels de quelque nature qu'ils soient. Et tant pis pour le progrès !!!

Bonjour Ecureuil,

Bonjour Ecureuil,

Ce n'est pas à vous que je vais apprendre qu'en toutes choses il y a toujours le revers de la médaille...

Vous dressez là un tableau exagérément sombre des nanotechnologies en oubliant d'en citer les avantages considérables: La guérison des cancers, les prothèses, les nano-robots capables de prévenir et de guérir quasiment toutes maladies, le stockage de l'énergie à des niveaux jamais atteints, la miniaturisation électronique et des dizaines de milliers d'autres qui vont faciliter notre vie au quotidien et préserver notre santé et notre environnement !

Si le bon sens était de fuir tout ce qui n'est pas naturel, commencez par montrer l'exemple en vous débarrassant au + vite de votre ordinateur, de votre téléphone portable, de votre matériel électroménager, de votre voiture, de votre chauffage et de votre climatisation, de tous vos vêtements contenant des fibres synthétiques, ... Allons, évitons de tomber dans du négativisme primaire...

Parlez-nous plutôt de prévention, de manque d'informations et de la nécessité d'augmenter les budgets en matière d'études toxicologiques, et là je vous recevrai 5/5...

Bonne journée

Réponse à Jean

Mon propos concernait l'utilisation des nanoparticules dans le domaine medical, qui, bien qu'il soit tres allechant reste tres controverse.

J'ai presque envie de vous dire que mieux vaut prevenir que guerir: il existe une methode tres efficace pour rester en bonne sante et mieux vaudrait precher pour elle que pour l'utilisation des nanoparticules.

On sait depuis longtemps qu'une nourriture saine (de preference bio) avec peu de graisses animales, peu de sucre et de sel, une activite sportive moderee, pas de tabac, pas d'abus de soleil, un stress maitrise, et tres peu d'alcool, des fruits, des legumes à volonté et du poisson, contribuent à rester en bonne sante et à éviter bon nombre de maladies. Personnellement, je suis toujours sideree de voir tous les midis a la cantine les quantites impressionnantes de nourriture grasses et sucrees ingurgitees.

Quitte a adopter la nanomédecine, je préfère et de loin prêcher pour l'homeopathie qui a le mérite de réguler et d'équilibrer les fonctions de l'organismen sans danger!!!

Restons raisonnables et naturels !!!

Je suis pleinement d'accord

Je suis pleinement d'accord avec vous, écureuil...

Mais entre la théorie et la pratique... La nourriture que nous achetons contient des conservateurs et des pesticides, l'air que nous respirons contient des benzènes, des toluènes, du dioxyde de carbone, des composés organiques volatils toxiques, l'eau que nous buvons est également contaminée par ces divers polluants... Les cancers sont en progression constante ainsi que l'asthme et les allergies... Et je ne vous parle même pas des risques nosocomiaux dans les hôpitaux et de la menace d'attentats terroristes bactériologiques ainsi que celle de la grippe aviaire transmissible à l'homme L'ensemble des organismes de santé publiques internationaux tirent la sonnette d'alarme à qui mieux mieux... Les pays du G8 ont un mal fou à se mettre d'accord non pas sur la diminution de la pollution mais simplement sur sa stabilisation...!

Alors dans ce monde devenu fou, plutôt que d'attendre passivement que des décisions efficaces se prennent (peut-être... un jour) au niveau international, plutôt que d'observer béatement nos politiciens en train de palabrer, débattre, discuter et brasser de l'air (pollué)... autant se servir de solutions déjà existantes... Un exemple?

Grâce aux nanotechnologies, il est possible aujourd'hui de réaliser des revêtements agissant par photocatalyse capables de détruire les polluants dans l'air et dans l'eau ainsi que les bactéries, les virus, les gaz et les odeurs. Les nanocatalyseurs contenus dans ces revêtements réagissent avec les rayons U.V. (gratuits) du soleil ou de l'éclairage intérieur artificiel ainsi qu'avec l'humidité contenue naturellement dans l'air ambiant. Cette réaction photocatalytique est très semblable à la photosynthèse des plantes qui transforme le gaz carbonique en oxygène et en glucose. Dans ce cas ci, la réaction photocatalytique provoque en quelque sorte la formation d'oxygène actif à très faible dose mais néanmoins capable de détruire les polluants, bactéries, virus contenus dans l'air, dans l'eau et sur les matériaux. Autrement dit, vous traitez par exemple toutes les façades et toitures des immeubles parisiens avec ces revêtements et la pollution de l'air à Paris diminue de près de 50% ! Autre utilisation, vous traitez par exemple les surfaces intérieures de votre habitation(murs, sols, plafonds) avec ces revêtements , et vous y éliminez la quasi-totalité des polluants: COV, bactéries pathogènes, virus, odeurs, moisissures, etc., et ce pendat plusieurs années.

Grâce aux nanotechnologies, il existe donc des moyens simples et efficaces à mettre en oeuvre pour combattre dés à présent la pollution et ses méfaits sur notre environnement et notre santé. Ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres...

Sondage : votre rapport à la nature

Bonjour à tous,

La discussion entre Jean et Ecureuil ci-dessus est assez emblématique des deux visions qui s'affrontent concernant notre relation à la nature. Voici un texte explicatif à ce sujet. Il est accompagné d'un sondage. Merci d'y participer pour nous permettre de voir comment les lecteurs de Sciences et Démocratie se positionnent sur cette question.

Financement des études toxicologiques

Bonjour Jean,

Vous considérez que l'information sur les risques doit être accompagnée de deux précisions : qu'il est nécessaire de donner la priorité aux études toxicologiques concernant les personnels exposés quotidiennement aux nanoproduits et que ces études doivent être menées au cas par cas. Cela ne me semble pas criticable.

Vous soulignez aussi les capacités limitées des organismes de santé publique à pouvoir mener à bien des études toxicologiques fiables et suffisantes. S'ils sont seuls à assumer cette charge, je comprends qu'il y ait un malaise. On ne peut en effet s'attendre à ce que les pouvoirs publics financent à l'infini ces études. Faut-il alors partir du principe qu'elles sont à la charge de l'industriel ? Lui en laisser la totale maîtrise n'est pas la solution non plus, on le voit avec les OGM : les études menées par Monsanto n'ont pas réglé la question. Il faut donc envisager une situation intermédiaire où les études, obligatoires, sont conduites par des labos publics sur des financements mixtes public/privé. ça ne fonctionne pas comme ça aujourd'hui ?

Bonjour,

Bonjour,

Je vous conseille de suivre le fil suivant dans lequel certaines réponses ont déjà été données: http://forums.futura-sciences.com/thread156752.html

Les Nanoparticules : Un enjeu majeur pour la santé au travail ?

"Les Nanoparticules : un enjeu majeur pour la santé au travail ?". C'est le titre du livre de Benoît Hervé-Bazin (cité dans l'article ci-dessus) paru en juillet dernier chez EDP Sciences.
http://livres.edpsciences.org/ouvrage.php?ISBN=978-2-86883-995-4

Les CHS-CT perminer rempart de la sécurité des salariés

lors de la conférence sur les nano tecnologie à la Cité des Sciences de la Villette en mars 2007, 14 cahiers d'acteur ont été rédigé. Plusieurs d'entre eux ont été fait par des organimes "d'étique" tel que le CPP, Le comité d'étique du CNRS, le CCNE, et l'AFSSET.

Un seul a été rédiger par un syndicat, voir le site pour plus de détail http://www.cite-sciences.fr/francais/ala_cite/college/v2/html/2006_2007/...

Il est certain, pour ma part, que la politique de santé au travail est très déficiente. Dans beaucoup de domènes la protection des utilisateurs finaux d'un produit ou d'une technologie dépend beaucoup du soin apporté à protéger la santé de ceux qui fabrique ce produit car leur exposition est bien plus importante que celle d'un utlisateur.

Prenons quelques exemples :

- l'amiante,la plus part des victimes sont des salariés. Les effets sur la santé ont été découvert en même temps que ses proprités d'isolation et pourtant il à fallut attendre plus de 100ans pour que l'état Français reconnaisse sa toxicité.

- Le rayonnement nucléaire, dans les années 1960 quand les premiers salariés ont été exposé on ne se méfiait pas des effet sur la santé. Il y a même des films de Science fiction de cette époque qui en font le remède miracle guérissant toutes les maladies.

Depuis les seuil d'exposition ont été régulièrement revue à la baisse pour atteindre des taux aujourd'hui qui sont en dessous de la radio activité naturel que l'on peut trouver certaines régions granitique.

C'est grace à l'action continue des syndicats que dans les entreprises publique du secteur nucléaire la protection des salariés à progressé en même temps que la connaissance des dangers.

Le vrai défie qui est devant nous aujourd'hui est d'obtenir les mêmes résultats avec les nano matériaux.

Existe-t-il des appareils

Existe-t-il des appareils pour détecter la présence de nanoparticules dans l'athmosphère en mesure directe ? Ou devons-nous nous contenter d'une mesure différée en effectuant un prélevement pour l'analyser ensuite à l'aide de microscopes

détection des nanoparticules dans l'atmosphère

Vous pourrez trouver des éléments de réponse ici : http://www.nsec.wisc.edu/NanoRisks/NS--OccupationalHealth.php (descendre au milieu de la page : Detection, monitoring & characterization of nanomaterials)

et aussi ici : http://www.nsec.wisc.edu/NanoRisks/NS--AirPollution.php

J'avoue avoir sursauté, en

J'avoue avoir sursauté, en apprenant qu'il existe déjà sur le marché une crême solaire avec des nanoparticules de titane comme fitre anti-uv. Nous venons à peine de découvrir les dégâts causés par les pesticides, les méteaux lourds et toutes sortes de produits chimiques y compris les matières synthétiques que nous portons, qui se retrouvent dans notre organisme!

Il me semble, que certains scientifiques sont totalement en dehors de la réalité. Ils sont sur la même planète que nous et ce n'est pas demain qu'ils pourront s'en échapper,malgré les nanotubes

Précisions

Je comprends votre inquiétude liée à un manque d'explication.

Les nanoparticules d'oxyde de titane sont inertes. Elles sont incorporées dans une crème solaire, parce qu'elles donnent une protection supérieure aux UV tout en étant translucide. C'est un apport esthétique qui évite les traces blanches des anciènnes crèmes haute protection.

==> Il n'y a pas de risque de pénétration pulmonaire sous cette forme. Nous n'avons pas de preuve scientifique de pénétration cutanée pour l'instant. Par contre les sprays peuvent pénétrer dans les voies respiratoires.

==> donc pas de panique avec les crèmes.

La question qui reste est le devenir environnemental de ces crèmes qui finissent par partir dans l'eau du bain.

Dans l'eau du bain?

Le titane qui part dans l'eau du bain? C'est un "détail" qui me paraît important... Je me souviens avoir lu dans Libé un article sur l'hermaphrodisation progressive des poissons de la Seine... qu'ils attribuaient aux hormones contenues dans les urines des femmes qui prennent la pilule! Jamais su si c'était vrai.

Je pense qu'on peut continuer comme ça, le monde de demain a l'air très sympathique grâce au "progrès" et aux dérivés d'amiante améliorés.

Je limite déjà ma consommation de produits manufacturés et je pense continuer, tant que c'est possible (mais je constate que les normes empêchent l'éclosion de produits artisanaux et bio, sous prétexte de sécurité). Je me demande à quel moment il sera interdit / impossible de faire pousser ou d'élever de quoi se nourrir ou se vêtir, indépendamment des entreprises.

Je précise que quoi qu'on en dise, aux Etats-Unis ce n'est pas comme ça. Il reste possible de vivre indépendamment des systèmes de grandes entreprises / grande distribution. Pas en France.

Ressources scientifiques sur les risques liés aux nanos

Vous pouvez trouver un recensement des publications scientifiques sur les risques potentiels ou avérés des nanos pour la santé et l'environnement à l'adresse suivante :

http://www.nsec.wisc.edu/NanoRisks/NS--NanoRisks.php

Toxicité des nanotubes de carbone : ça se précise

Certains nanotubes de carbone auraient des effets semblables à ceux de l'amiante. C'est ce qu'indique une étude qui vient d'être publiée dans la revue Nature Nanotechnology. Différentes formes de nanotubes ont été testées chez la souris. Des inflamations et des granulomes sont apparus dans le cas des nanotubes longs (15 à 20 microns). On sait qu'à long terme, ces réactions peuvent conduire à des mésothéliomes, cancers provoqués notamment par les fibres d'amiante.

L'International Council on Nanotechnology (ICON) souligne la nécessité d'études supplémentaires relatives à :
- l'effet de dose chez la souris ;
- l'exposition nécessaire pour conduire à des réactions similaires chez l'Homme ;
- le rôle de particules métalliques liées aux nanotubes ;
- des effets toxiques possibles des nanotubes non fibreux...

Une nouvelle étude montre le danger du TiO2 nano pour la santé

Une nouvelle étude, relatée aujourd'hui sur www.bulletins-electroniques.com, montre des risques liés aux nanoparticules de dioxyde de titane. L'étude porte sur des souris à qui les chercheurs ont donné à boire de l'eau contenant des nanoparticules de TiO2. Elle met notamment en évidence des cassures dans les brins d'ADN, idéal pour développer des cancers.

Voir "Les nanoparticules de TiO2 sont-elles dangereuses pour l'homme ?"
http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/61376.htm

La transposition des conclusions de cette expérience à l'homme nécessite, comme toujours, un certaine prudence. En effet, les souris ont ici été exposée pendant quelques semaines à une quantité importante de nanoparticules de manière à simuler l'exposition d'un humain dans le cadre d'une activité professionnelle pendant un an et demi. C'est une compression du temps de l'exposition qui ne donnent pas leur chance aux mécanismes d'élimination et de réparation de l'organisme...

On peut s'attendre aussi à ce que les industriels qui utilisent du TiO2 nano nous disent que ce n'est pas la même forme ou que la leur est packagée de sorte que cela n'arrive pas...

Re: Toxicité des nanoparticules et des nanotubes

Bonjour,

J'envisage d'acheter un matelas tempur et j'aimerais savoir si la fabrication du matériau Tempur utilise la nanotechnologie et si oui, quel peut-être le risque ?

Avec mes remerciements

Corinne V.

Re: Toxicité des nanoparticules et des nanotubes

Bonjour,
nous sommes un groupe d'étudiants de Bordeaux (département Hygiène Sécurité Environnement) et nous travaillons sur un projet d'étude tuteuré concernant les nanoparticules.
Nous avons des difficultés à trouver des renseignements sur une éventuelle maladie professionnelle liée à l'exposition de celles-ci.
Nous savons d'ailleurs qu'il est très difficile à ce stade d'avoir des informations sur ce sujet, mais serait-il possible de pouvoir contacter une personne particulière qui nous donnerait des éléments de réponses utiles ?

Nous vous remercions par avance pour toute l'aide que vous pourrez nous fournir et vous adressons nos plus sincères salutations.

Le groupe d'étude.

Exposition aux nanoparticules dans le cadre professionnel

Vous avez raison, il est assez difficile de trouver des informations sur ce sujet aujourd'hui.

Je vous invite à consulter le dossier sur les nanomatériaux de l'INRS (Institut national de recherche en santé), qui s'occupe des risques professionnels, et pourquoi pas prendre contact avec eux.

Il y a aussi un article de synthèse daté de 2010 sur le site de l'ACEN.

Pour information, il y a en ce moment un décret en préparation concernant la déclaration d'utilisation des nanoparticules par les industriels.

Re: Exposition aux nanoparticules dans le cadre ...

merci pour ces informations, nous allons étudier cela....

Re: Exposition aux nanoparticules dans le cadre ...

Pas de quoi. Et nous venons de mettre en ligne un article à propos du décret sus-mentionné.

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