M. Prochiantz replacera la médecine régénérative dans le contexte d’un renouvellement naturel de l’« embryogenèse silencieuse » au cœur de la physiologie. En effet, les biologistes continuent de travailler dans un monde structuré par la thermodynamique du XIXème siècle, dont les deux principes restent la référence absolue. On sait l’importance de la théorie de l’information dans la conception que nous nous faisons de la génétique : régulation, cybernétique, augmentation de l’entropie comme dégradation qui nous conduit à la mort, résistance nécessaire mais dérisoire à ce mouvement inéluctable. Et pourtant le fameux aphorisme bernardien « la vie c’est la mort, la vie c’est la création » résumant de façon lapidaire l’idée que le vivant est traversé d’un double mouvement de dégradation organique et de création organogénique, donc d’un équilibre entre destruction et construction, est beaucoup plus proche de ce que nous pensons comprendre aujourd’hui de la physiologie. Dans ce double mouvement, la création repose pour une grande partie sur l’existence de cellules souches adultes.
Intervenant : Alain Prochiantz. Professeur au Collège de France, titulaire de la chaire « Processus morphogénétiques », membre de l’Académie des Sciences (Institut de France) et du « Centre for the study of bioscience, biomedicine, biotechnology and society » de la London School of Economics.
Lieu :
Institut Diderot
11, place des 5 martyrs du lycée Buffon
75014 Paris



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