Implantation d’une nouvelle usine potentiellement polluante, installation d'une nouvelle ligne de tram, risque d’écroulement d’un pan de montagne, menace d’une nouvelle variété de grippe, … autant de situations où des experts voire des commissions d'enquête sont mandatés par les élus pour les aider à comprendre et à décider. Mais de plus en plus les experts « officiels » sont contestés. Très souvent en effet des associations de citoyens accusent ou soupçonnent les experts de dépendre de forces économiques ou politiques. On voit ainsi apparaître de nouveaux acteurs dans l’évaluation comme les boutiques des sciences (relais entre citoyens et laboratoires experts) et les associations d’expertise citoyenne « indépendante » (Criirad, Criirem, Criigen). Ils constituent des formes de contre-pouvoir à une science qui serait devenue trop dépendante d’intérêts économiques.
Mais d’abord qu’est ce qu’un expert ? Est-ce un scientifique comme un autre ? Pourquoi les experts sont-ils parfois en désaccord alors qu’ils utilisent les mêmes données ? Comment faire pour connaitre leur avis et pas une déformation de celui-ci par les médias ?
Ensuite peuvent se poser des questions plus complexes. L’expertise est-elle forcément manipulée si elle est financée par le secteur privé ? Les élus doivent-ils écouter les lanceurs d’alerte plutôt que ces experts dits officiels ?
Enfin l’élu dans tout cela, est-il maître de la situation ou influencé par ses électeurs ? Peut-il également "manipuler" l’expertise en l’orientant en amont ou en aval? Quels sont réellement les mécanismes au sein de ce triangle "experts-citoyens-élu" ?
A l’heure où la défiance envers la science et la technique (on parle aussi de techno-science) est de plus en plus forte, ce sujet très transverse devrait intéresser nombre d’entre vous !
Intervenants :
- Eleonore Perrier, Elue municipale
- Gabriel Ullmann, commissaire enquêteur, expert auprès des tribunaux
- Isabelle Maugis, Fondation Sciences Citoyennes
Modérateur: Joël Lunardi



Commentaires
Exprimez-vous ! L'association Sciences et Démocratie se bat pour donner la parole aux citoyens dans les débats « science société ». Vos messages renforceront notre motivation.
Gattaca über alles ?
Fichage ADN généralisé des nouveaux-nés: Gattaca über alles ?
C'est la question-débat vue sur Pnyx.com: http://www.pnyx.com/fr_fr/poll/622
Après les USA, quelle sera l'évolution, en Europe, dans le monde, de ces tests et du fichage de leurs résultats: limité aux facteurs à risque, au dépistage systématique de maladies génétiques ou des dérives eugénistes de sélection du code ?
Re: Experts, citoyens, et décision publique
les associations dites indépendantes ne le sont..que du pouvoir en place et rien d'autre. Ce n'est pas un label de compétence. Elle n'ont pas de représentativité démocratique. De fait, l'allégation "d'expertises citoyennes" de leur part est une imposture.
par ailleurs, le terme "officiel" est de plus en plus utilisé sous une acception péjorative. Pour l'opinion, en état chronique de défiance du politique (1), l'expert pourtant "désigné par la démocratie représentative" (comme dit Michel Rocard) est forcément suspect, c'est à dire "au mieux" ! Inversement, l'expert "indépendant" sera d'emblée paré de toutes les vertus du seul fait d'être étranger au système ! on nage en pleine folie ! le risque est le syndrome de Gribouille (ce garçon qui finit par se jeter à l'eau de peur d'être mouillé par les gouttes de pluie !)
1)lire Pierre Cahuc et Yann Algan : "la société de défiance" éditions rue d'Ulm
Re: Experts, citoyens, et décision publique
D'accord avec vous, se réclamer de l'"expertise citoyenne" n'est pas un gage de compétence. J'aime bien votre réflexion sur l'indépendance revendiquée. A quoi tient-elle ? A des sources de financement qui permettent une liberté d'action, j'imagine. A voir.
Mais vous ne pouvez nier que le système d'expertise "officielle" actuel connaît des problèmes. Je vous invite à voir par exemple pourquoi ont été contestées les conclusions de l'AFSSA sur le rôle des pesticides dans la surmortalité des abeilles. Savez-vous également que les procédures d'évaluation des OGM au niveau européen vont être revues ?
Je ne comprends pas votre propos sur la nécessité d'une "représentativité démocratique" de l'expertise. Pouvez-vous préciser ?
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