Pourquoi la Géorgie flirte-t-elle à nouveau avec le controversé projet de loi sur les « agents étrangers »?

Il y a un an, le gouvernement géorgien avait suscité une vague d'indignation en proposant un projet de loi inspiré du modèle russe, visant à classifier certaines organisations comme "agents de l'étranger".

Le retour du serpent de mer législatif en Géorgie #

Cette initiative, perçue comme une tentative de répression de la dissidence, avait provoqué un tollé aussi bien sur la scène nationale qu’internationale, amenant finalement à son retrait.

Aujourd’hui, à l’approche des élections législatives cruciales pour l’avenir du pays, le spectre de ce texte refait surface. Seulement cette fois, il se pare d’un nouveau vernis, sous l’appellation d' »organisation servant les intérêts d’une puissance étrangère ». Pourtant, le fond reste inchangé, faisant craindre un recul démocratique majeur.

Les implications d’une législation controversée #

L’essence même de ce projet de loi réside dans l’obligation faite aux organisations recevant plus de 20 % de financement étranger de se déclarer comme « servant les intérêts d’une puissance étrangère ». Une mesure qui, selon ses détracteurs, vise à stigmatiser et à handicaper toute opposition, sous le couvert de transparence financière.

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Outre la stigmatisation, cette législation entraînerait des contraintes administratives accrues et des sanctions financières pour les organisations récalcitrantes. De nombreux observateurs y voient un moyen déguisé de museler la presse indépendante et les ONG critiques, en les plaçant sous le joug du Ministère de la justice.

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La réaction de la société civile et des instances internationales #

La réintroduction de ce texte au parlement a provoqué une onde de choc au sein de la société civile géorgienne, déjà éprouvée par les tentatives récurrentes du pouvoir d’affaiblir son influence. La mobilisation contre ce projet de loi, vu comme un outil supplémentaire dans l’arsenal autoritaire du gouvernement, promet d’être forte.

Sur le front international, les réactions ne se sont pas fait attendre, de Bruxelles à Washington, où l’on observe avec inquiétude la tournure que prennent les événements. La présidente géorgienne elle-même, malgré son rôle principalement symbolique, a fait part de son opposition ferme à cette initiative, rappelant l’attachement de son pays aux valeurs européennes.

Points clés à retenir :

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  • La réintroduction d’un projet de loi visant à classifier certaines organisations comme « servant les intérêts d’une puissance étrangère ».
  • Les implications de cette législation pour la liberté d’expression et l’indépendance des ONG et médias.
  • La mobilisation de la société civile géorgienne et l’attention particulière des partenaires internationaux sur la question.

Cette situation délicate met en lumière les tensions internes à la Géorgie, entre aspiration démocratique et tentation autoritaire. La voie que décidera d’emprunter le pays dans les mois à venir pourrait bien déterminer non seulement son avenir politique, mais aussi sa place sur l’échiquier international.

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