Le cantonnement dans les successions : un droit à connaître

Dans le cadre d'une succession, il est possible pour certains bénéficiaires de limiter leurs droits à une partie des biens reçus.

Cet acte, appelé cantonnement, offre ainsi plus de flexibilité et de choix aux personnes concernées. Nous verrons ce qu’est le droit cantonnement, qui peut en profiter et quelles sont ses principales implications.

Qu’est-ce que le cantonnement ? #

Le cantonnement est un acte juridique permettant à certaines personnes bénéficiant d’une succession, tels que les légataires et les conjoints survivants, de limiter leurs droits à une partie des biens reçus. Cette possibilité s’inscrit dans les conditions établies par le Code civil. Les légataires peuvent exercer leur droit de cantonnement sur une partie des biens légués, tandis que les conjoints survivants disposent de cette possibilité uniquement si un enfant est issu de leur union avec le défunt.

Le cas du légataire

Selon l’article 1002-1 du Code civil, le légataire dispose du pouvoir de cantonnement. Quelle que soit la nature du legs (universel, à titre universel ou particulier), le bénéficiaire a la liberté d’exercer ce droit selon ses intérêts. De plus, le légataire n’a pas besoin d’informer l’héritier pour mettre en œuvre le cantonnement.

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Cependant, si rien ne semble empêcher un légataire de limiter son legs via le cantonnement, cela ne peut être fait que si le testateur ne l’a pas spécifiquement exclu dans son testament.

Le cas du conjoint survivant

Le conjoint survivant qui reçoit un legs ou une donation entre époux peut également bénéficier du cantonnement. Toutefois, il ne peut le faire que si un enfant est né de leur union avec le défunt, qu’il soit marié ou non.

Il est important de différencier les héritiers légaux des légataires. Il existe en effet des situations où la personne gratifiée a un double statut : celui d’héritier légal et de légataire.

Afin de pouvoir exercer son droit de cantonnement, il faut qu’il y ait un héritier, et cet héritier doit avoir accepté la succession. Lorsque toutes les conditions se retrouvent remplies, le cantonnement peut se faire librement et unilatéralement. Ainsi, l’héritier n’a aucun droit de regard sur cet acte, et le bénéficiaire ne se retrouve pas tenu légalement de l’informer de sa décision.

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L’irrévocabilité du cantonnement #

Lorsqu’une personne décide d’exercer son droit au cantonnement, elle renonce à une partie des biens qui lui ont été légués par le disposant. C’est pourquoi il est essentiel pour le bénéficiaire de bien comprendre ses implications, notamment parce que l’exercice de ce droit n’est pas obligatoire.

Avant de mettre en œuvre le cantonnement, il faut donc réfléchir aux conséquences de cette décision. Celle-ci implique en effet un choix définitif, puisque cet acte est irrévocable.

Les avantages du cantonnement #

Le cantonnement offre de nombreux avantages pour les bénéficiaires. Tout d’abord, il leur permet de choisir librement parmi les biens légués ceux qui les intéressent le plus. Ainsi, ils peuvent privilégier les actifs correspondant à leurs besoins ou à leurs préférences.

De plus, en limitant leurs droits à une partie des biens, les légataires et conjoints survivants peuvent éviter un certain nombre de problèmes tels que des litiges entre héritiers ou la nécessité de vendre certains actifs pour payer des droits de succession.

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Enfin, le cantonnement constitue une solution flexible pour gérer au mieux sa part dans une succession, en tenant compte de ses objectifs personnels et patrimoniaux.

Le cantonnement reste un droit précieux pour certaines personnes impliquées dans une succession. Permettant de limiter volontairement sa part sur les biens reçus, il offre une grande souplesse et un choix éclairé pour les bénéficiaires concernés. Néanmoins, il convient de bien peser les conséquences de cette décision avant de l’exercer, étant donné son caractère irrévocable.

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