Le débat public peut-il départager le GIEC et les climatosceptiques ?

Climate Express / 05 décembre 2009

Dans un article publié par Alternatives Economiques, Le climat, l’imposteur et le sophiste, Olivier Godard, directeur de recherches au CNRS, économiste du développement et de l'environnement, questionne le bien fondé d'un débat public pour départager le GIEC (Groupe d'experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat) et les climatosceptiques :

Il y a un point d'importance dans la rhétorique d'Ewald le sophiste, comme de tous ceux qui veulent accréditer des thèses que la science n'admet pas, qu'il s'agisse des créationnistes ou des négationnistes de la Shoah : l'invocation du nécessaire débat public pour que chacun puisse se faire son opinion. S'abritant derrière le paravent de la démocratie, il s'agit en l'occurrence de faire reconnaître un contenu de vérité à des allégations qui n'ont pas passé les épreuves de la critique scientifique. Comme l'écrivait en avril 2006 Susan Woodbury, présidente de la Société météorologique et océanographique canadienne, face à une demande pressante de climato-sceptiques au premier ministre canadien Harper, d'organiser un débat national où seraient confrontées les « thèses » en présence : « Nous soutenons l'idée d'un programme d'information du public sur le changement climatique. Cependant, nous ne croyons pas que la consultation du public soit un moyen crédible d'évaluer la science du changement climatique ». Et Woodbury de renvoyer aux travaux du GIEC, meilleure synthèse disponible des connaissances mondiales sur le sujet. Se référer au débat public pour juger de la scientificité de différents énoncés, c'est transposer dans l'ordre de la connaissance scientifique une procédure politique, au rebours d'une éthique des sciences. N'était ce pas Raymond Aron qui voyait dans la soumission de la science au politique l'une des sources du totalitarisme ?

Recourant à une analogie entre activité scientifique et compétition sportive et à l'argument de compétence, il allègue que le public ne peut que discuter de la compétition, mais en aucun cas en infléchir l'issue :

Les journalistes et les passionnés, même les penseurs, peuvent bien donner leur appréciation, avant et après les épreuves, sur la valeur des sportifs en compétition, les radios peuvent bien organiser des débats sur les atouts, les chances ou les mérites des athlètes, ce n'est pas la mise en débat public qui forme le cœur de l'épreuve sportive. Il en va de même pour la science, à la différence près que le public ne peut pas observer de visu les épreuves et leurs résultats, c'est-à-dire disposer d'une intelligibilité sensible immédiate. Ce spectacle lui est fermé du fait qu'il n'y a pas de science sans détour par une construction, une abstraction, une généralité, pas de science sans connaissances et sans compétences préalablement acquises.

Qu'en pensez-vous ? Contrairement à la compétition sportive, l'activité scientifique ne possède pas d'arbitre neutre. Les scientifiques sont à la fois juge et partie. Un public averti ne peut-il jouer ce rôle ?

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Commentaires

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Re: Le débat public peut-il départager le GIEC et les ...

Si vous voulez rigoler pour empêcher le ciel de tomber (Henri Salvador ), ça tombe bien j'ai quelques rigoles à creuser...qui pourraient permettre de restaurer le climat et utiliser le réchauffement climatique pour recycler le co2 au lieu de chauffer les cailloux du désert.
A l'eau , y a-t-il quelqu'un pour comprendre ou vous êtes tous déjà mort dans la tête?

http://pagesperso-orange.fr/biefs.dupilat/

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