A quelques jours de la révision de la loi de bioéthique de 2004, les parlementaires suggèrent d’intensifier les recherches sur les cellules souches embryonnaires, afin qu’elles ne soient plus obligatoirement « à visée thérapeutique ». Ainsi, le critère d’autorisation serait plutôt « la finalité et la pertinence scientifique et médicale du projet de recherche ».
Ils proposent également d’amplifier l’information des parents dans les maternités sur le don des cellules de cordon, qui permette d’envisager de nombreuses applications cliniques (ici) . En revanche, l’interdiction de prélever et de conserver le sang de cordon pour soi-même est maintenue.
Dans le domaine de l’assistance médicale à la procréation, ils se prononcent en faveur d’une autorisation de la technique de vitrification ovocytaire, afin de pouvoir pallier au faible taux de réussite (environ 10%) de la réimplantation d’embryon. En revanche, le rapport de l’Office parlementaire des choix scientifiques et techniques (Opecst) plaide pour le maintien de l’interdiction du clonage reproductif humain.
Globalement donc, un bond notoire en ce qui concerne la recherche sur l’embryon, et allant contre les récentes (janvier 2010) propositions de M. Léonetti ici.
Pour aller plus loin : Propositions de la mission parlementaire pour la révision des lois de bioéthique, dirigée par Jean Léonetti ici + Article source concernant les nouveautés en terme de bioéthique là + Articles sur la recherche sur l’embryon ici, ici, ici, ici et là.
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Commentaires
Exprimez-vous ! L'association Sciences et Démocratie se bat pour donner la parole aux citoyens dans les débats « science société ». Vos messages renforceront notre motivation.
Re: Directives politiques en faveur de la recherche sur ...
Bonne résolution pour le soin … mais voyons à quel prix tel que le définit l’OPECST.
Ainsi, ne peut-on voir une fuite en avant dans une intensification de recherche sur l’embryon - qui, pour rappel, signifie leur destruction qui induit une difficulté éthique largement reconnue– conjuguée à la vitrification ovocytaire ? En effet, le procédé de congélation de gamètes – dont l’anonymat du don est, d’ailleurs, une question ouverte de la révision des lois de bioéthique au titre de l’identité de l’enfant à naitre- se justifierait, tel que l’affichent ses défenseurs, comme solution aux problèmes éthiques soulevés par les embryons congelés : comment se fait-t-il alors que l’OPECST ne mentionne pas la voie d’un moratoire sur la congélation d’embryons dont la conscience des autorités médicales françaises commence à être encombrée par plus de 150 000 vies suspendues ! Autrement-dit, l’OPECST propose la gestion de deux « stocks » - les embryons et les ovocytes- au lieu d’un.
Par sa position, l’OPECST ouvre les portes de la transgression du principe du respect de la vie – et en particulier du plus vulnérable : l’embryon « aube de notre moi » - en visant un encadrement strict (par l’Agence de Biomédecine); mais, comment ignorer la réalité de délivrance par cette même ABM d’agrément de recherche sur l’embryon depuis 2004 en négligeant la condition de dérogation actuelle qui autorise à tuer l’embryon « en l’absence de voie alternative » ? Réalise-t-on, plus de dix ans après, que ces recherches sur embryons butent toujours sur les tumeurs engendrées qui entravent les espoirs de soin ?
A mon sens, il est légitime de poser des repères plus clairs qu’en 2004 et non le contraire au vu des connaissances acquises sur les cellules souches adultes (CSA) –qui ne remettent aucune vie en cause en contribuant à de belles perspectives de médecine régénérative (cf. en 2010, la réparation de cornées en Italie). La position de l’OPECST de « ne pas vouloir opposer les recherches » est bien frileuse et peu à l’honneur de tous les efforts éthiques reconnus si largement par d’autres pays (Japon, Italie, Chine, …) où le financement de recherche sur les CSA traduit une volonté concrète.
Pourquoi ne porterions-nous pas nos efforts sur ces voies de soin respectant le principe de protection de l’embryon ?
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