Une gelée grise (grey goo), c'est ce qui pourrait rester de notre monde après qu'une nuée de nanorobots capables d'autoréplication en ait absorbé toute l'énergie. C'est en tout cas le scénario proposé par le romancier américain Michael Crichton dans son best-seller « La proie » (vision proposée à l'origine par Eric Drexler). Ce scénario catastrophe est-il fondé ?
Au cours d'un débat récent, une personne du public a souhaité l'avis des scientifiques présents sur la probabilité que se réalise le scénario de Crichton. À partir de trois des caractéristiques que l'auteur a données à son nuage de nanorobots, Claude Weisbuch (Ecole Polytechnique, laboratoire de physique de la matière condensée) en a montré l'impossibilité :
- le déplacement dirigé : les plus petits insectes capables de se diriger en vol ont une taille d'un tiers de millimètre, pour une raison énergétique ;
- la conscience : l'intelligence collective se développe par la communication entre les entités, un processus qui nécessite de l'énergie dont ne dispose pas notre nuage ;
- l'auto-réplication : pour reproduire des objets d'une taille de l'ordre du nanomètre, il faut des « usines » qui, elles, ne le sont pas, à l'image des ribosomes intervenant dans la fabrication des protéines au cœur des cellules ; et c'est là aussi un processus qui coûte de l'énergie.








Commentaires
Poster un nouveau commentaire