Finirons-nous tous en gelée grise ?


Mots-clés : nanorobots nanotechnologies prospective scénario
Comment traduire grey goo ?

Une gelée grise (grey goo), c'est ce qui pourrait rester de notre monde après qu'une nuée de nanorobots capables d'autoréplication en ait absorbé toute l'énergie. C'est en tout cas le scénario proposé par le romancier américain Michael Crichton dans son best-seller « La proie » (vision proposée à l'origine par Eric Drexler). Ce scénario catastrophe est-il fondé ?

Au cours d'un débat récent, une personne du public a souhaité l'avis des scientifiques présents sur la probabilité que se réalise le scénario de Crichton. À partir de trois des caractéristiques que l'auteur a données à son nuage de nanorobots, Claude Weisbuch (Ecole Polytechnique, laboratoire de physique de la matière condensée) en a montré l'impossibilité :

  • le déplacement dirigé : les plus petits insectes capables de se diriger en vol ont une taille d'un tiers de millimètre, pour une raison énergétique ;
  • la conscience : l'intelligence collective se développe par la communication entre les entités, un processus qui nécessite de l'énergie dont ne dispose pas notre nuage ;
  • l'auto-réplication : pour reproduire des objets d'une taille de l'ordre du nanomètre, il faut des « usines » qui, elles, ne le sont pas, à l'image des ribosomes intervenant dans la fabrication des protéines au cœur des cellules ; et c'est là aussi un processus qui coûte de l'énergie.

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Commentaires

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Re: Finirons-nous tous en gelée grise ?

Attention : Je ne suis PAS un scientifique (je suis un musicien qui a proposé ce nom pour un groupe de musique industrielle après l'avoir entendu de la bouche d'un penseur français bien connu)

Cela dit,
Je ne crois pas non plus qu'il faille dire que les gelées grises "envahiront le planète"...

Cela "n'est qu'un" instrument de "progrès"...

Je me pose simplement la question éthique (qui n'a toujours pas de réponse bien entendu) de savoir si ce "nuage artificiel" peut être une forme de progrès pour l'homme, une forme d'auto-sabotage tel qu'il en a l'habitude, ou une réelle menace...
Je me demande également si le "progrès" ne fait que s'accélérer avec le temps...

Bref : elles me font tout autant peur que celle provoquées par le citoyen lambda américain qui a eu peur de la première machine à vapeur...

Re: Finirons-nous tous en gelée grise ?

Des molécules auto-catalytiques existent ; la catalyse peut être très complexe, comme pour l'ADN avec la reproduction assexuée ; ou bien directe comme pour l'ARN (en fait en deux temps, un brin d'ARN catalyse la formation du brin complémentaire, qui à son tour catalyse la formation du brin original).