Bilan de notre projet 2009-2010 "Devenir acteur de la démocratie technique"

Pour l'année 2009-2010, la Région Ile-de-France nous a soutenu au titre des Projets citoyens pour notre projet "Devenir acteur de la démocratie technique". Quel était ce projet ? Quels résultats avons-nous obtenus ? Retour sur un soutien qui a eu un vrai effet de levier.

Le contexte du projet

L’association, créée en 2005, s’est donné pour mission de faciliter et promouvoir la participation des citoyens aux débats sur l’impact des sciences et des techniques (OGM, nanotechnologies…) dans la société. Pour ce faire elle anime un site participatif au travers duquel elle :

  • publie des articles de vulgarisation
  • anime des débats en ligne dans lesquels tout citoyen peut s’exprimer
  • relaie des évènements de type conférences, débats publics, émissions de télé ou de radio qui peuvent compléter le travail fait sur le site
  • fait une veille web des controverses

Parallèlement, l’association souhaitait être en mesure de porter à la connaissance des décideurs et notamment des pouvoirs publics le fruit de ce travail collectif. L’année 2009-2010 nous en donnait l’opportunité. 4 débats majeurs étaient prévus :

  • les Etats généraux de la bioéthique, destinés à préparer la révision de la loi de bioéthique
  • le débat national sur les nanotechnologies, commandé conjointement par 7 ministères à la Commission nationale du débat public (CNDP)
  • le Grenelle des Ondes
  • la Conférence de citoyens parisienne “Ondes, santé et société”

Pour pouvoir contribuer, même partiellement, à ces processus, il nous fallait des moyens supplémentaires pour être notamment en mesure de :

  • communiquer sur ces projets et y attirer des citoyens, et notamment faire en sorte que ces débats ne restent pas des débats de spécialistes et d’acteurs déjà impliqués défendant des intérêts particuliers plus que l’intérêt général
  • suivre ces débats pour attester ou questionner la pertinence des processus participatifs retenus et de leur mise en oeuvre

C’est en ce sens que nous avons sollicité une aide financière de la Région en 2008.

Le bilan du projet : actions menées, résultats, retombées

Nous avons consacré notre énergie en grande partie au débat sur les nanotechnologies. Notre contribution aux autres débats à été nettement plus modeste : avant tout annoncer, relayer les débats publics et dans le cas des Etats généraux de la bioéthique, livrer un regard critique sur la mise en oeuvre du débat sur internet.

1. Le cas du débat national sur les nanotechnologies

Les actions mises en oeuvre

  • Nous sommes, avec VivAgora, une des premières associations en France a avoir mis, dès 2006, du contenu pédagogique en ligne pour permettre aux citoyens de se documenter. Nous avons poursuivi ce travail d’information et de vulgarisation dans la période de lancement du débat.
  • Nous avons annoncé suffisamment tôt (plusieurs mois à l’avance) le débat national pour que les personnes intéressées aient le temps de se documenter
  • Au cours du débat, nous avons continué à relayer les réunions publiques tout en apportant quelques éclairages sur ce qui s’y passait (notamment les interruptions par des militants anti-nano). Nous avons également signalé la possibilité de déposer un message sur le site de l’opération nationale.
  • Nous avons animé le débat sur notre site en proposant d’en porter le contenu dans le débat public, Sciences et Démocratie donnant à ces contenus une visibilité égale à celle des organisations parties prenantes (syndicats, organismes de recherche, entreprises, associations de consommateurs, environementales…) selon le principe des cahiers d’acteur.
  • Nous avons livré une analyse critique du processus retenu pour le débat public.
  • Parmi les supports que nous avons utilisés pour faire connaître notre travail et mobiliser des participants, nous avons fourni un gros travail d’appropriation des outils dits 2.0, en particulier Twitter, lequel est devenu pour nous un outil indispensable à la fois en termes de veille d’information, de mise en réseau et de diffusion d’information.

Les résultats directs

La contribution de Sciences et Démocratie au débat public s’est appuyée à la fois sur notre connaissance du sujet, des problèmes qu’il soulève et sur les discussions en ligne. Elle est consultable ici.

Les chiffres de notre débat en ligne :

  • Le dossier en ligne (travail de fond) : 21 textes, 80 commentaires
  • Sur le blog (l’actu nano, essentiellement le débat public) : 20 billets, 50 commentaires

Le nombre de messages reçus est relativement modeste. Il reflète l’attitude du grand public à l’égard des nanotechnologies : c’est un sujet qu’il découvre, sur lequel il est en demande d’information beaucoup plus que de possibilité d’expression, contrairement à des sujets présents dans les médias depuis plusieurs années comme les OGM.
On a observé le même phénomène dans le débat public de la CNDP. Les personnes qui prenaient la parole étaient des personnes impliquées dans le sujet, soit au travers de leur activité professionnelle, soit comme militants.

Une reconnaissance par la CPDP (commission dite particulière, mandatée par la CNDP pour mettre en oeuvre le débat) qui :

  • a accepté le principe de notre contribution construite de façon originale
  • nous a invité à la tribune au côté d’autres organisations (FNE, CLCV…) et en présence de représentants des ministères lors de l’évènement final
  • a tenu compte de notre analyse sur la construction du débat public dont on retrouve des arguments et des extraits dans le bilan et le compte-rendu du débat
  • nous a remercié pour notre implication dans la visibilité de l’opération

Un objet de recherche :

Une équipe de recherche de l’Université de Toulouse mène actuellement une étude sur la construction des contributions au débat public par les associations. Nous avons répondu à un entretien en ce sens.

2. Les retombées

Ce travail nous a apporté une crédibilité et une visibilité que nous n’avions pas encore. Pas en tant que spécialistes des nanotechnologies ou de la bioéthique, nous n’avons pas vocation à être des experts. Mais en tant qu’analyste des débats publics science-société d’une part et pour notre savoir-faire en tant qu’animateurs de débats en ligne d’autre part.

Nous avons ainsi été invités à présenter notre regard sur le déroulement du débat public sur les nanotechnologies lors des journées préparatoires aux Entretiens du Nouveau Monde Industriel (ENMI) organisés par l’IRI, le pôle de compétitivité Cap digital et l’ENSCI sous la houlette de Bernard Stiegler

Nous avons tenu le rôle Grand témoin lors du séminaire “Médias et controverses scientifiques. Le cas du BCG” qui s’est tenu en mai 2010 à l’Université Paris Diderot.

Nous avons présenté notre activité d’animation de débats en ligne au CNAM dans le cadre d’un enseignement sur les outils numériques dans le champ de la vulgarisation scientifique et au groupe Traces dans le cadre de leur série d’entretiens “Web2CST”.

Nous sommes contributeur et membre du groupe de préfiguration de l’ACEN, association de veille et d’information sur les nanotechnologies visant à faciliter l’appropriation du sujet et de ses enjeux par la société civile.

Notre travail en ligne est désormais reconnu, cité en référence (par exemple dernièrement lors du Forum territorial de la culture scientifique et technique qui s’est tenu à la Cité des Sciences le 28 septembre 2010).

Une des retombéees majeures réside aussi dans la notoriété acquise :

  • notre site attire désormais de nouveaux rédacteurs, permettant des contenus et des discussions en ligne d’une grande qualité
  • l’association est désormais suffisamment crédible pour travailler en partenariat avec des structures déjà en place.

En ce sens, notre projet “Devenir acteur de la démocratie technique” aura eu l’effet de levier que nous espérions, dont nous avons commencé à ressentir les bénéfices courant 2010 et qui se confirment en cette rentrée 2010-2011.

3. Perspectives

Le bilan très positif de ce projet ne peut que nous inciter à poursuivre dans le nouveau champ que nous avons ouvert cette année, celui du lien entre participation citoyenne et décision tout en maintenant les actions initiales (vulgatisation, débats, relais…).

Nous envisageons également développer une offre de formation dans nos champs de compétence : animation de processus participatifs en ligne sur les sujets complexes et utilisation des outils web dans les projets de culture scientifique et technique. Nous sommes dans une phase d’écoute des besoins pour formaliser cette offre. Aussi, si ces compétences vous intéressent, n’hésitez pas à nous contacter.

Parallèlement, nous avons commencé une démarche d’organisation de débats locaux à Antony (Hauts-de-Seine) où se trouve notre siège social, de manière à faire connaître notre démarche, toucher de nouveaux publics et attirer de nouveaux membres (le web étant peu efficace pour ce dernier besoin).

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