La promesse d’Emmanuel Macron sur les prix planchers en agriculture : une déception pour les syndicats

La question des prix planchers en agriculture est revenue sur le devant de la scène.

La promesse non tenue d’Emmanuel Macron #

Trois syndicats agricoles minoritaires, la Coordination rurale, la Confédération paysanne et le Mouvement de défense des exploitants familiaux (Modef), ont rappelé au président Emmanuel Macron sa promesse non tenue. Cette promesse avait été faite lors de sa visite au Salon de l’Agriculture, et selon les syndicats, elle est la condition numéro un pour sortir durablement de la crise agricole.

Le président avait promis de mettre en place des prix planchers pour protéger le revenu agricole. Cependant, malgré cette promesse, l’exécutif a depuis expliqué qu’il prévoyait en réalité de renforcer, via une future loi, les dispositions dites Egalim destinées à améliorer la prise en compte des coûts de production des agriculteurs, pour éviter qu’ils ne vendent à perte.

La déception des syndicats #

Les trois syndicats ont exprimé leur déception face à cette promesse non tenue. D’après eux, le sujet des prix planchers a presque complètement disparu des 62 engagements déclinés par le gouvernement récemment pour sortir de la crise. Dans leur lettre ouverte au président, ils ont jugé insuffisant d’abandonner ce sujet crucial à la seule évaluation des lois Egalim. Ils estiment que c’est trop incertain et trop lent.

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Les syndicats ont aussi souligné que la régulation urgente des marchés est indispensable et permettra de prévenir les crises et de protéger les agriculteurs de la volatilité des marchés. Cette régulation inclut l’instauration de prix minimum garantis, la gestion des volumes, le stockage public, l’encadrement des marges de l’agro-industrie et de la grande distribution.

Les réactions du gouvernement et des autres syndicats #

Face à cette remontrance, le gouvernement a rappelé qu’il s’était opposé la semaine dernière à l’adoption d’une proposition de loi des écologistes prévoyant un prix minimal d’achat fixé par une conférence publique dans les filières agricoles qui le souhaitent, ou sur décision du gouvernement en cas de désaccord. Par ailleurs, les syndicats majoritaires FNSEA et JA, ainsi que les filières agricoles, ont peu apprécié la formule présidentielle de prix planchers, la jugeant contraire aux lois du commerce dans un marché ouvert, où les productions françaises risquent de devenir trop chères.

Le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, a fait le point sur les engagements du gouvernement. Il a affirmé que les éleveurs ont raison de dire qu’ils attendent des avancées concrètes. Il a aussi déclaré que la mise en place de mesures fiscales et sociales permettra, dès cette année, une provision de 150€ par vache, ce qui est très attendu par les éleveurs.

Voici la liste des principales revendications des syndicats :

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  • Mise en place de prix planchers pour protéger le revenu agricole
  • Renforcement des dispositions dites Egalim
  • Régulation urgente des marchés
  • Instauration de prix minimum garantis
  • Gestion des volumes
  • Stockage public
  • Encadrement des marges de l’agro-industrie et de la grande distribution

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