Le financement obligataire de TotalEnergies face à la pression climatique : les ONG internationales inquiètent les acteurs du marché

Les ONG engagées pour le climat ont décidé de diversifier leur champ d'action.

Les ONG élargissent leur cible #

Désormais, ce ne sont pas seulement les actionnaires des géants pétroliers qui sont dans leur ligne de mire, mais aussi les acteurs financiers qui jouent un rôle crucial dans le financement de ces entreprises. Les banques qui organisent, structurent et placent les émissions obligataires sur le marché, ainsi que les investisseurs qui achètent ces titres de dette, sont désormais interpellés.

Une soixantaine d’ONG du monde entier, incluant Reclaim Finance et Les Amis de la Terre, ont récemment adressé une lettre ouverte à six importants investisseurs internationaux et vingt-quatre banques. Elles enjoignent ces acteurs financiers majeurs, tels que l’américain BlackRock, le français Amundi ou encore l’allemand Allianz GI, ainsi que le fonds souverain norvégien, à ne pas participer aux émissions d’obligations de TotalEnergies.

Des obligations au coeur des controverses #

Les obligations émises par TotalEnergies sont une source majeure de financement pour l’entreprise pétrolière française. Selon les ONG, ces obligations permettent à l’entreprise de continuer à développer de nouveaux projets pétroliers et gaziers, en contradiction avec les recommandations scientifiques visant à limiter le réchauffement global à 1,5 °C. Les calculs de Reclaim Finance indiquent que le marché obligataire aurait fourni plus des deux tiers du financement à TotalEnergies entre 2016 et 2022.

À lire Comment réussir son projet de création de site internet

La dernière opération de ce type a eu lieu récemment, permettant à TotalEnergies de lever 4,25 milliards de dollars auprès des investisseurs internationaux. Un groupe de banques, incluant BofA, Deutsche Bank, Morgan Stanley et Natixis, a dirigé cette opération en trois tranches.

Un appel à l’action pour les institutions financières #

Le but de cette démarche des ONG est d’inciter les institutions financières à formaliser des engagements plus exigeants en matière d’investissement dans le secteur du pétrole et du gaz. Pour l’heure, les objectifs de décarbonation s’appliquent principalement aux portefeuilles de prêt des banques, mais pas à leur activité de conseil et de structuration.

L’évolution des mentalités est toutefois perceptible, avec des engagements plus forts concernant le charbon, qui touchent à la fois les prêts et les obligations. Il est cependant important de noter que les implications d’un engagement similaire pour les investisseurs et les banques dans le secteur du pétrole et du gaz, du fait de la taille des majors pétrolières et de leur activité sur les marchés, seraient d’une toute autre ampleur.

Quelques points clés à retenir:

  • Les ONG engagées pour le climat étendent leur action aux acteurs financiers.
  • Les obligations de TotalEnergies sont au centre des controverses.
  • Les institutions financières sont appelées à formaliser des engagements plus exigeants en matière d’investissement dans le secteur du pétrole et du gaz.

Sciences et Démocratie est édité de façon indépendante. Soutenez la rédaction en nous ajoutant dans vos favoris sur Google Actualités :