L’émergence des « citoyens souverains » en France : une étrange tendance contestataire qui défie l’autorité de l’Etat

Les origines de la mouvance #

Le début des années 1970 a vu l’émergence aux États-Unis d’un mouvement particulier désigné comme celui des « citoyens souverains ». Cette mouvance a traversé l’Atlantique pour s’implanter en France, manifestant sa présence par des actes de défi à l’autorité, comme l’incident d’avril où un homme a refusé de se conformer à un contrôle de gendarmerie, arguant que les lois françaises ne s’appliquaient pas à lui.

Ces « citoyens souverains » soutiennent que l’Etat français n’est pas une entité publique, mais une entreprise de droit privé formée en 1947. Selon eux, n’ayant pas accepté de passer un contrat avec cette « entreprise », ils ne sont pas tenus d’obéir aux lois françaises, échappant ainsi à l’obligation de payer des impôts ou des amendes.

Les pseudo-arguments juridiques #

L’argumentation de cette mouvance repose sur des prétextes pseudo-juridiques pour justifier leur non-conformité aux lois. Les « citoyens souverains » français ont commencé à utiliser ces faux prétextes juridiques en 2015. Une organisation disparate, le « Conseil national de transition (CNT) », a émergé la même année, proclamant que « les lois ne sont pas légitimes » et appelant à un soulèvement pacifique contre le gouvernement.

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Ces faux arguments ont gagné en popularité avec la crise des Gilets jaunes. Des figures du mouvement, comme Serge Petitdemange, ont affirmé que la publication d’un décret en 2016 avait rendu la Constitution nulle et non avenue, invalidant ainsi l’élection d’Emmanuel Macron.

La manifestation en ligne #

Aujourd’hui, la mouvance des « citoyens souverains » est largement présente en ligne, en particulier sur Facebook, où plusieurs groupes spécialisés comptent plus de 11.000 membres. Ces groupes sont composés d’activistes, mais aussi de curieux ou d’opportunistes cherchant à échapper à certaines obligations financières.

Depuis mars, un syndicat formé par des adeptes de cette mouvance a lancé une campagne visant à déposer des plaintes dans tous les tribunaux français. Leur cible : des responsables politiques et autres autorités, notamment les huissiers de justice, qu’ils accusent de « faux et escroquerie ».

Stratégies et conséquences #

Certains membres de la mouvance utilisent une autre stratégie pour faire connaître les « citoyens souverains » : filmer et publier leurs confrontations avec les autorités, comme ce fut le cas pour le couple contrôlé dans le Nord. C’est une manière pour eux de se présenter comme des lanceurs d’alerte victimes d’une injustice, afin de faire du prosélytisme.

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Les « citoyens souverains » se rassemblent autour d’une détestation commune de l’autorité et de l’Etat. Ils répondent paradoxalement par la loi pour contester la loi. Parmi les conséquences concrètes de cette mouvance, on note l’enlèvement, en 2021, de Mia, une fillette de huit ans dont la mère adhérait à la branche lorraine de « One Nation », par un homme qui appelait « au renversement du gouvernement ».

  • La mouvance a traversé l’Atlantique pour s’implanter en France
  • Les « citoyens souverains » soutiennent que l’Etat français est une entreprise de droit privé
  • Ils utilisent des prétextes pseudo-juridiques pour justifier leur non-conformité aux lois
  • La mouvance est largement présente en ligne, en particulier sur Facebook
  • Ils se rassemblent autour d’une détestation commune de l’autorité et de l’Etat

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