Faut-il une étiquette « nano » pour protéger les consommateurs ?


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Danger!

Faut-il une étiquette « nano inside » sur les produits de consommation contenant des nanomatériaux ou des nanoparticules ?

Comment gérer les risques liés aux nanotechnologies dans la société ? C'est une question épineuse, aux multiples facettes. A défaut d'interdire la mise sur le marché de produits de consommation issus des nanotechnologies, une des mesures proposées consisterait à étiqueter ces produits de manière à garantir la liberté de choix du consommateur. L'association France Nature Environnement s'est récemment déclarée favorable à cette mesure. Elle ne fait pas pour autant l'unanimité. Car elle pose d'autres questions.

Une étiquette « NANO : des nanomatériaux entrent dans la composition de ce produit » serait-elle vraiment informative ? Constituerait-elle une mise en garde d'ordre sanitaire ? Pas évident. Pour certains, nano est déjà synonyme de high-tech : le baladeur numérique d'Apple, un concept de téléphone futuriste chez Nokia, un déodorant...

Faudra-t-il ajouter une description complémentaire ? Laquelle ?

Pour Stéphanie Lacour, chargée de recherche au CNRS et coordinatrice du projet Nanonorma : la garantie de sécurité des consommateurs sur la base de l’étiquetage relève du mythe dans le domaine des nanos. Comment assurer la sécurité du consommateur alors que les risques ne sont pas scientifiquement connus à l'heure actuelle ? En cas d'étiquetage, ne risque-t-on pas d'assimiler des produits réellement dangereux et d'autres inoffensifs ?*.

Finalement, cet étiquetage n'est-il pas une solution facile pour se passer d'une évaluation des risques digne de ce nom ? On pourrait alors inscrire sur l'emballage « Les effets toxiques des nano-composants de ce produit ne sont pas encore connus. Si vous le prenez, vous acceptez les risques liés. Le fabricant ne pourra en aucun cas être tenu pour responsable. »

Et vous, en tant que consommateur, vous en pensez quoi ?

--

* intervention lors du Nanoforum du CNAM consacré aux Intérêts et limites de l’étiquetage des produits contenant du nano-argent, à lire pour alimenter notre réflexion collective.

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Commentaires

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Re: Faut-il une étiquette « nano » pour protéger les consommateu

Moi je souhaite la généralisation d'un ID unique et d'un Mobile Tag inscrit sur chaque produit lisible par nos téléphones (ou webcam) afin d'avoir connaissance de la totalité des riques pris par le consommateur lors de l'achat dudit produit (composition, ingrédients, risques, que faire en cas d'ingestion etc...). C'est à l'Europe de légiférer là-dessus.

Re: Nanotechnologies : l'étiquetage des produits peut-il protége

Ola,

Actuellement poser le probléme de l'étiquetage c'est mettre "la charrue avant les boeufs"
C'est trop tôt !
Pour le consommateur "monsieur tout le monde" cela ne voudra rien dire ! et donc ce sera une grande avancé vers la banalisation des nanos.
l'étiquetage ....c'est quoi exactement ? une petite phrase en tout petit caractére ?
ou une mention écrite en grand "attention les nanoparticules peuvent vous tuer ou vous rendre tres malades" ???
Sujet difficile...nao é ?
salutations cordiales

Re: Nanotechnologies

Encore un truc de marketing qui ne fera qu'augmenter le prix de vente au consommateur car il faudra bien repercuter le cout des étiquetages.
needlive amateur

Re: Faut-il une étiquette « nano »...

Bonjour,

C'est interessant de voir à quel point les trois premières interventions montrent des points de vue différents.

Je suis d'accord avec l'idée que le coût de la mise en oeuvre d'un étiquetage sera répercuté sur le prix des produits, donc qu'au final ce sera le consommateur qui paiera. Mais ça ne me pose pas de problème si l'étiquetage en question est vraiment pertinent. Ce qui me semble beaucoup moins évident.

Que pensez-vous par exemple de ce que prépare l'industrie cosmétique ? Anne DUX, représentant la Fédération des entreprises de la beauté lors du débat public sur les nanotechnologies qui s'est déroulé à Orléans le 27 octobre dernier, expliquait :

"Nous avons fait récemment une étude pour savoir quelle était l'information pertinente pour le consommateur. Le texte communautaire prévoit déjà la forme de l'information. Nous avons voulu tester différents types d'information. On a testé donc trois informations. Le scénario 1 vous montre la mention européenne. On a pris l'exemple du dioxyde de titane qui est un nanomatériau utilisé de matière très importante dans les produits de protection solaire. L'étiquetage européen que vous aurez sur les produits est : titanium dioxyde. C'est le nom international pour le dioxyde de titane. Il est reconnu dans le monde entier. Ensuite, vous aurez nano entre crochets. On a testé un deuxième scénario. C'est la même information plus un texte : ce produit contient des nanomatériaux. On a testé un troisième scénario, toujours le dioxyde de titane nano entre crochets, et un logo avec un "n" que l'on avait inventé pour que les gens repèrent qu'il y avait des nanomatériaux."

Il faut savoir que :
- le dioxyde de titane existe sous un centaine de formes différentes
- la taille nano qu'ils proposent de retenir comme critère n'a pas autant d'importance que les propriétés physiques ou chimiques particulières que présenteront certaines formes (voir l'article Propriétés inédites des nano-objets et la discussion sur la toxicité des nanoparticules et des nanotubes).

Re: Faut-il une étiquette « nano » pour protéger les ...

Même si ,à première vue, l'on pourrait considérer que c'est bien le minimum, la précision sur une étiquette (que pratiquement personne ne prend le temps de lire)n'est pas la condition suffisante. Il faut absolument, avant de diffuser ces particules sur le marché, EVALUER les EFFETS TOXICOLOGIQUES des produits qui en contiennent avant leur mise sur le marché: A l'état de nanoparticules les composants montrent des propriétés totalement différentes: un matériau comme l'Or réputé inerte à son état naturel devient extrêmement réactif à l'échelle du nanomètre par exemple (et c'est bien pour cette même raison qu'il est recherché). Ces études doivent être menées sous la tutelle d'une autorité indépendante qui donne un avis favorable à la commercialisation ou pas. C'est la seule façon de protéger la population qui par nature "ne sait pas" dans le domaine si pointu de la nanoscience. Un chercheur saura s'en protéger par des gestes, des méthodes, des outils (hottes de protection ), pas le citoyen lambda qui ne mesure pas en général la portée des conséquence de ces composés sur sa santé entre autre. Et le soi-disant progrès apporté ne peut être confiée seulement aux mains des industriels avides avant tout de profits sans se préoccuper des effets secondaires néfastes à grande échelle. Les pesticides en sont un brillant exemple.Quand on réagit plusieurs dizaines d'années après la mise sur le marché, les dégâts sont fort important et irréversibles (nombreux morts par lymphomes chez les agriculmteurs par exemple)

Clara.

L'étiquette « nano » adoptée pour les cosmétiques

J'ai oublié de signaler sur cette page une information importante (désolé pour le retard) :

"Le Conseil de l’Union Européenne vient d’approuver la nouvelle directive sur les cosmétiques en Europe. Celle-ci prévoit entre autre un étiquetage spécial pour les nanoparticules. Tout ingrédient sous forme nanométrique présent dans un produit cosmétique sera indiqué par son nom suivi de nano entre parenthèse."

C'est Duncan qui le signalait le 27 novembre 2009 sur son blog.

Pour le dioxyde de titane, qui est le composé dont on parle à chaque fois, vous trouverez donc sur l'étiquette :
dioxyde de titane (nano)

La présente discussion ne porte donc plus sur une orientation possible mais sur un choix validé avec lequel il va falloir composer.

Faut-il une étiquette « nano » pour protéger les consommateurs ?

L'avis de Sciences et Démocratie, janvier 2010 :

"L'une des premières mesures réglementaires à être adoptées (2009) nous paraît pour le moins aberrante. Il s'agit de celle proposée dans le domaine des cosmétiques pour informer les consommateurs : apposer sur l'étiquette l'indication « nano » à côté du composant concerné. L'intention est louable : laisser le libre choix aux consommateurs et soumettre ces produits, avec leurs atouts et leurs risques, au verdict du marché. Le principal défaut de cette disposition est pourtant évident : cette étiquette n'aura pas de signification pour la très grande majorité des gens. Ou elle aura l'effet inverse d'une mise en garde : dans certains secteurs, le préfixe nano est d'abord synonyme de high-tech et est déjà devenu un argument marketing. Cette étiquette ne rendra pas non plus compte du degré de risque (très variable d'un composant à l'autre). Il nous paraît important qu'un débat public soit mené sur ce sujet, et qu'y soit envisagé une approche plus large de l'information des consommateurs en matière de risque, ne se limitant pas aux nanotechnologies. Ne peut-on envisager une simplification de l'étiquetage pour les risques intrinsèques des produits, à l'image de ce qui a été accompli en matière de consommation d'énergie ? Car la multiplication des informations sur les emballages n'est pas synonyme de choix éclairés."

Extrait de la contribution de Sciences et Démocratie au débat national sur les nanotechnologies.

Re: Faut-il une étiquette « nano » pour protéger les ...

on n'utlise pas les nanos comme des étiqutte parce qu'il y a un transfert des élèments d'un coté à l'autre;ainssi le produit ne soit pas de la matière qui absorbe d'autre élèments étrangerents.